Publié le 30 novembre 2025 à 22h28. Le « Maratona dles Dolomites », une course cycliste mythique au cœur des Dolomites italiennes, attire chaque année des milliers de participants venus du monde entier pour défier les cols légendaires et les paysages à couper le souffle de cette région classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Le Maratona dles Dolomites propose trois parcours de difficulté croissante, culminant à 138 kilomètres avec un dénivelé positif de 4 230 mètres (13 878 pieds).
- Le Passo Giau, avec ses pentes abruptes atteignant 14 %, est considéré comme l’ascension la plus emblématique et redoutée de la course.
- L’événement, qui existe depuis 1987, est devenu l’un des Gran Fondos les plus prisés d’Europe, attirant des cyclistes de plus de 70 nations.
L’adrénaline était palpable en sortant d’un virage en épingle au-dessus du village de Varda, près du Passo Campolongo. Les cyclistes me dépassaient à une vitesse impressionnante, et j’essayais de maintenir ma trajectoire et mon calme. Soudain, une bouteille d’eau a roulé sur la chaussée, provoquant une réaction en chaîne au sein du peloton. J’ai eu un bref instant de lucidité, pensant que ma course, et peut-être ma carrière cycliste, allait s’arrêter là. J’ai réussi à éviter la bouteille de justesse, mais ma roue arrière l’a effleurée, me faisant vaciller un instant.
Soulagé d’être arrivé à Varda, je savais que six autres cols m’attendaient. Le Maratona dles Dolomites, qui se déroule chaque année dans la région de Sellaronda, est bien plus qu’une simple course. C’est un pèlerinage pour les passionnés de cyclisme, un défi physique et mental qui les pousse à leurs limites. Les ascensions du Passo Pordoi, régulièrement intégrées au Tour d’Italie, sont gravées dans l’histoire du cyclisme italien, comme en témoigne le monument dédié à Fausto Coppi au sommet du Passo de Pordoi.
Depuis près de trente ans, le Marathon des Dolomites attire des milliers de coureurs désireux de se mesurer aux sept cols de Sellaronda. L’épreuve propose trois parcours : le Sellaronda (55 km et 1 780 m de dénivelé positif), le parcours moyen (106 km et 3 130 m de dénivelé positif) et le parcours Maratona, le plus exigeant, avec ses 138 kilomètres et 4 230 mètres de dénivelé positif à gravir sur les cols Campolongo, Pordoi, Sella, Gardena, Giau, Falzarego et Valparola.
Ce qui distingue le Maratona des autres Gran Fondos italiens, c’est le Passo Giau. Cette ascension légendaire, avec une pente moyenne de près de 10 % et des sections à 14 %, est un véritable test pour les cyclistes. C’est un défi que les amateurs de vélo viennent affronter du monde entier, mais sur le Maratona, ce n’est qu’un obstacle parmi tant d’autres.
La beauté des paysages est à la hauteur de la difficulté de la course. Le massif de Sellaronda, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, offre un décor spectaculaire avec ses pics calcaires abrupts, ses prairies verdoyantes et ses villages pittoresques. Les églises aux clochers blancs semblent accrochées aux pentes abruptes, tandis que les routes, fermées à la circulation pour l’occasion, serpentent à travers des champs de fleurs sauvages.
« Il ne faut pas oublier que le cyclisme est le sport national italien », explique Claudia Rier, guide locale et participante régulière à la course. National Geographic a même qualifié le Maratona dles Dolomites de « l’une des courses les plus grandes, les plus passionnées et les plus chaotiques de la planète ». L’ambiance est électrique à Corvara, où des dizaines de spectateurs encouragent les coureurs, accompagnés par les sons d’accordéons et de cors des Alpes. Des hélicoptères survolent le parcours, retransmettant l’événement en direct sur la chaîne sportive nationale RAI 3.
Pour les habitants de la vallée, le Maratona est à la fois une fête et une source de fierté. Environ 1 500 bénévoles, tous originaires de la région, s’occupent de l’organisation, distribuent des médailles aux finishers et ramassent les emballages vides de gels énergétiques au sommet de chaque col.
Cette année, 55 % des participants ont choisi de s’attaquer au parcours complet du Maratona. Si certains sont des professionnels en quête d’un podium, la majorité sont des amateurs passionnés qui souhaitent profiter de l’atmosphère unique de cette course et de la richesse de la culture cycliste italienne. « La plupart des participants sont des cyclistes ordinaires qui veulent profiter de l’ambiance, des montées et des Dolomites », précise Nicole Dorigo, de la marque Alta Badia, qui représente la région hôte du Maratona.
En fin de compte, ce n’est pas une bouteille d’eau qui m’a fait chuter, mais la fatigue accumulée, le décalage horaire et l’altitude. J’ai finalement opté pour le parcours court sur l’un des interminables lacets du Passo Sella. Les ascensions légendaires des Dolomites mettent les cyclistes à rude épreuve, mais elles les inspirent aussi. De retour à Corvara, sous une averse soudaine et au son des pneus sur l’asphalte mouillé, j’ai savouré une deuxième portion de pâtes en regardant les autres coureurs franchir la ligne d’arrivée du parcours Maratona.
« Pour beaucoup de ces cyclistes, [le Maratona] est une expérience unique dans une vie », conclut Dorigo. « La plupart ne sont pas là pour la compétition, mais pour profiter de l’ambiance. »
