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Macron au carrefour en France: nouveau gouvernement, élections ou démission

by Clara Dubois

Publié le 7 octobre 2025 à 14h46. La France est plongée dans une crise politique profonde depuis 2024, et le président Emmanuel Macron doit prendre une décision cruciale pour sortir de l’impasse, entre la formation d’un nouveau gouvernement, des élections législatives anticipées ou même un départ de l’Élysée.

  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu a démissionné lundi, mais a reçu 48 heures pour tenter de former une coalition gouvernementale.
  • L’option d’élections législatives anticipées est de plus en plus envisagée, mais son issue reste incertaine selon les sondages.
  • Des voix s’élèvent, y compris au sein de la majorité, pour demander le départ d’Emmanuel Macron avant la fin de son mandat.

La situation politique française est au point mort. Après la démission de Sébastien Lecornu, le président Macron est confronté à un choix difficile : tenter de maintenir un gouvernement fragile, recourir à des élections législatives qui pourraient ne rien résoudre, ou envisager une solution plus radicale. Lecornu, un fidèle collaborateur de Macron, était son troisième Premier ministre en un an, témoignant de l’instabilité politique qui frappe le pays.

Le gouvernement actuel, formé depuis septembre 2024 par l’alliance centriste Renaissance et le parti conservateur Les Républicains (LR), ne dispose pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Bruno Retailleau, chef de LR et ministre de l’Intérieur, a exprimé sa volonté de participer à un gouvernement, mais sous conditions, après avoir critiqué la composition initiale du cabinet.

Lecornu a proposé mardi à ses partenaires de coalition de se concentrer sur deux priorités : l’adoption d’un budget pour 2026, face à un niveau élevé de la dette publique (115,6 % du produit intérieur brut), et la question de la Nouvelle-Calédonie. Cependant, les partis de gauche, qui ont remporté les élections de mi-2024 sans obtenir la majorité, réclament la nomination d’un Premier ministre issu de leur bloc. Une demande jusqu’à présent rejetée par le président.

Lecornu doit rendre compte de ses négociations à Macron mercredi soir. Si ses efforts échouent, le président a déclaré qu’il prendrait alors “ses responsabilités”. L’option la plus probable dans ce cas serait l’organisation d’élections législatives anticipées, environ quinze mois après les dernières élections qui ont plongé le pays dans cette crise.

En juin 2024, Macron avait déjà avancé les élections législatives, initialement prévues en 2027, après la victoire de l’extrême droite aux élections européennes, dans une tentative de clarifier la situation politique. Ces élections ont cependant conduit à une Assemblée nationale divisée en trois blocs : gauche, centre-droit et extrême droite, sans majorité stable.

Selon Celia Belin, de l’European Foreign Council Reflection Center (ECFR), de nouvelles élections ne sont pas forcément synonymes d’un résultat différent. ECFR Les sondages actuels placent l’extrême droite en tête des intentions de vote au premier tour (30 %), suivie de la gauche (25 %) et du parti présidentiel (16 %).

Marine Le Pen, figure de proue de l’extrême droite, a averti que des élections anticipées étaient la “seule option”, malgré une condamnation judiciaire qui l’empêche de se présenter. Son dauphin, Jordan Bardella, a exprimé sa volonté de se porter candidat.

Parallèlement, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander le départ d’Emmanuel Macron avant la fin de son mandat en 2027, estimant que la crise politique actuelle nécessite une solution plus radicale, d’autant plus que le système politique français est fortement centré sur la figure du chef de l’État.

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a déclaré mardi que “l’effondrement de l’État” est en jeu et que la sortie de crise “repose” sur Macron. Il propose que le président nomme un Premier ministre chargé d’adopter un budget pour 2026, puis annonce une “élection présidentielle anticipée”.

Philippe est le premier dirigeant de premier plan de la majorité à demander ouvertement le départ du président. Un sondage publié lundi par Dexa-Backbone révèle que 70 % des Français souhaitent également sa démission.

Macron a jusqu’à présent rejeté l’idée de démissionner, ainsi que la possibilité de recourir à un vote de censure au Parlement, une option proposée par le chef de file de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon. L’inconfort grandit même au sein de son propre parti, Renaissance. Son chef, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, a reconnu qu’il “ne comprend plus les décisions du président”, tout en affirmant ne pas souhaiter sa démission.

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