Publié le 26 septembre 2023 19:12:00. Un coup d’État militaire a renversé le président malgache Andry Rajoelina, le colonel Michael Randrianirina se préparant à prêter serment en tant que nouveau dirigeant, tandis que l’Union africaine a suspendu l’île.
- Le colonel Michael Randrianirina, à la tête d’une unité militaire d’élite, a pris le contrôle du palais présidentiel et annoncé la dissolution des institutions, à l’exception de l’Assemblée nationale.
- Andry Rajoelina, destitué par les législateurs, a dénoncé la prise de pouvoir et affirme se trouver dans un lieu sûr, tandis que son sort exact reste incertain.
- L’Union africaine a réagi en suspendant Madagascar, une décision qui pourrait isoler le nouveau régime.
La situation à Madagascar est marquée par une instabilité politique croissante. Le colonel Michael Randrianirina, commandant du Centre d’administration du personnel de l’armée (CAPSAT), a annoncé hier la prise de pouvoir par l’armée, justifiant cette action par la nécessité de répondre aux préoccupations de la population. Il a précisé qu’un comité militaire gouvernerait le pays pendant deux ans, en collaboration avec un gouvernement de transition, avant l’organisation de nouvelles élections.
Selon ses déclarations, l’armée a pris ses responsabilités face à une situation qu’elle jugeait intenable. Il a affirmé qu’il prêterait serment prochainement en tant que président, après avoir reçu l’approbation de la Haute Cour constitutionnelle.
« Nous prêterons bientôt serment. Nous avons pris nos responsabilités hier. »
Michael Randrianirina, colonel de l’armée
Des sources proches du colonel indiquent qu’il pourrait prêter serment dans un ou deux jours.
L’ancien président, Andry Rajoelina, a été destitué par les législateurs après avoir quitté le pays. Il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acte manifeste de tentative de coup d’État » et a affirmé que sa vie était en danger. Selon plusieurs sources diplomatiques et de l’opposition, il se serait réfugié à Dubaï. Rajoelina, arrivé au pouvoir en 2009 suite à un coup d’État similaire, avait promis d’améliorer les conditions de vie et de lutter contre la corruption, des promesses qui n’ont pas été tenues.
La suspension de Madagascar par l’Union africaine, annoncée par son porte-parole, constitue un signal fort de désapprobation.
« L’État de droit doit prévaloir sur l’État de la force. Notre approche est fondée sur le droit et le dialogue. »
Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine
Cette suspension pourrait entraîner un isolement politique du nouveau régime et compliquer ses relations avec les autres pays africains.
Le mouvement de la génération Z, qui a initié les manifestations contre le manque d’eau et d’énergie, a salué l’intervention du colonel Randrianirina. Ils appellent à un « changement systémique » et se disent prêts à dialoguer avec le nouveau pouvoir. Fenitra Razafindramanga, capitaine de l’équipe nationale de rugby, a exprimé un sentiment partagé :
« Nous sommes inquiets de la suite, mais nous savourons cette première victoire qui nous a donné de l’espoir. »
Fenitra Razafindramanga, capitaine de l’équipe nationale de rugby de Madagascar
La capitale, Antananarivo, est restée calme, mais l’incertitude demeure quant à l’avenir politique du pays. La situation économique de Madagascar est précaire, avec près de trois quarts de sa population de 30 millions d’habitants vivant dans la pauvreté. Depuis son indépendance en 1960, le PIB par habitant a diminué de 45 % (Banque mondiale). Le colonel Randrianirina était un commandant de l’unité d’élite CAPSAT qui avait déjà joué un rôle clé dans le coup d’État de 2009 qui avait porté M. Rajoelina au pouvoir, avant de rompre avec lui la semaine dernière.



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