Home MondeMaduro a reçu un appel de Poutine et, selon une version, il négocierait un refuge à l’étranger

Maduro a reçu un appel de Poutine et, selon une version, il négocierait un refuge à l’étranger

by Clara Dubois

Publié le 11 décembre 2025 à 20h35. Alors que la pression s’intensifie sur Nicolás Maduro, le président vénézuélien pourrait chercher refuge à l’étranger, avec la Biélorussie et la Colombie comme destinations potentielles, tandis que la Russie réaffirme son soutien à Caracas.

  • La Russie et la Biélorussie ont pris contact avec Nicolás Maduro, offrant potentiellement un exil au dirigeant vénézuélien.
  • La Colombie a déclaré qu’elle n’excluait pas d’accorder l’asile à Maduro si un accord était trouvé avec Washington.
  • Le Kremlin a réaffirmé son soutien à Maduro face à la pression américaine, soulignant l’importance des relations bilatérales.

L’avenir de Nicolás Maduro s’assombrit alors que les États-Unis intensifient leur offensive diplomatique et économique contre son régime. Des sources proches des négociations ont révélé que Maduro avait exprimé à Donald Trump, lors d’un appel téléphonique le 21 novembre, sa disposition à quitter le Venezuela en échange d’une amnistie complète pour lui et sa famille.

Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a joué un rôle actif dans les discussions, rencontrant à deux reprises en l’espace de 17 jours Jesús Rafael Salazar Velázquez, l’ambassadeur du Venezuela à Moscou. Lors de leur dernière rencontre, le 25 novembre, Loukachenko a déclaré à l’envoyé que Maduro était toujours le bienvenu en Biélorussie et qu’il était temps pour lui de rendre visite, selon l’agence de presse d’État biélorusse Belta. Loukachenko avait déjà évoqué avec Maduro la possibilité d’une coordination sur ces questions lors d’une première rencontre.

Interrogé sur la possibilité d’offrir un refuge à Maduro en cas de démission, le bureau de Loukachenko n’a pas répondu. Cependant, la Colombie a ouvertement envisagé cette option. La ministre colombienne des Affaires étrangères, Rosa Villavicencio, a déclaré que son pays pourrait accorder l’asile au président vénézuélien si un accord était conclu avec Washington.

« Si ce départ implique qu’il doive vivre dans un autre pays ou demander une protection, alors la Colombie n’aurait pas à dire non. »

Rosa Villavicencio, ministre colombienne des Affaires étrangères

Villavicencio a toutefois souligné que la décision finale revient aux États-Unis et au gouvernement Maduro dans le cadre de négociations.

Parallèlement, le Kremlin a affiché son soutien indéfectible à Maduro. Lors d’un appel téléphonique avec le dirigeant vénézuélien, le président Vladimir Poutine a réaffirmé son soutien à la politique du gouvernement Maduro, visant à protéger les intérêts nationaux et la souveraineté face à une pression extérieure croissante.

Les deux dirigeants ont également confirmé leur « engagement mutuel » à mettre en œuvre des projets russo-vénézuéliens dans les domaines économique, énergétique et commercial, réitérant le « caractère stratégique, solide et ascendant » des relations bilatérales. Poutine a insisté sur le droit du peuple vénézuélien à défendre sa souveraineté et son indépendance.

L’administration Trump ne reconnaît pas Maduro comme président légitime du Venezuela, estimant que l’élection de 2018 était une fraude. Ces derniers mois, Washington a accru la pression sur Caracas, notamment par un important déploiement militaire dans les Caraïbes.

« Les jours de Maduro sont comptés. »

Donald Trump, président des États-Unis

Dans une interview accordée à Politico, Trump a affirmé que les jours de Maduro étaient comptés, sans toutefois préciser s’il envisageait d’envoyer des troupes américaines au Venezuela.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a exprimé l’espoir que la Maison Blanche éviterait une escalade vers un conflit à grande échelle, qui pourrait avoir des conséquences imprévisibles pour l’ensemble de l’hémisphère occidental.

Maduro lors d’une rencontre avec Loukachenko à Minsk en 2017
Sergueï Grits

Loukachenko, leader autoritaire de la Biélorussie, entretient des relations amicales avec le Venezuela et a récemment entamé un dialogue avec l’administration Trump, après des années d’isolement en raison de son bilan en matière de droits humains et de son soutien à la Russie.

Trump a commencé à assouplir les sanctions américaines contre la Biélorussie et a nommé un envoyé spécial, John Coale, pour négocier la libération de prisonniers politiques.

Agences Reuters, AFP et AP

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