Publié le 5 janvier 2026 à 16h36. L’arrestation spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines a provoqué une crise politique majeure à Caracas et une onde de choc internationale, avec des accusations de narcoterrorisme et des interrogations sur la légalité de l’intervention américaine.
- Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont plaidé non coupable devant un tribunal fédéral de Manhattan, accusés de diriger un vaste réseau de trafic de cocaïne.
- Delcy Rodríguez, vice-présidente de Maduro, a été investie présidente par intérim du Venezuela et a dénoncé une « enlèvement » des dirigeants vénézuéliens.
- L’opération américaine a suscité de vives réactions à travers le monde, avec des condamnations de la Russie, de la Chine et de plusieurs pays d’Amérique latine.
L’arrestation de Nicolás Maduro, opéré par une incursion audacieuse des forces spéciales américaines dans sa résidence de Caracas, a pris le monde par surprise. L’ancien chef d’État, menotté et vêtu d’une combinaison de prison, a comparu lundi devant le juge Alvin Hellerstein au tribunal fédéral de Manhattan, où il a fermement nié les accusations portées contre lui.
« Je suis innocent. Je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête. Je suis toujours président de mon pays. »
Nicolás Maduro
Sa femme, Cilia Flores, également inculpée dans cette affaire, a également plaidé non coupable. Le couple doit comparaître à nouveau devant la justice le 17 mars. Des dizaines de manifestants, partisans et opposants à Maduro, se sont rassemblés devant le tribunal, témoignant de la polarisation profonde qui traverse le Venezuela.
À Caracas, la situation est tendue. Delcy Rodríguez, la vice-présidente, a prêté serment en tant que présidente par intérim, dénonçant l’arrestation de Maduro et de son épouse comme un acte d’« enlèvement » et promettant de faire avancer le pays dans cette période difficile.
« Je viens avec une douleur au cœur suite à l’enlèvement de deux héros qui sont retenus en otages. »
Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela
Les accusations contre Maduro sont graves. Il est accusé de narcoterrorisme, de complot en vue d’importer de la cocaïne, ainsi que de possession d’armes à feu et d’explosifs. Selon l’acte d’accusation, il aurait dirigé un réseau de contrebande de cocaïne en collaboration avec des groupes criminels tels que les cartels mexicains de Sinaloa et Zetas, les rebelles colombiens des FARC et le gang Tren de Aragua.
Maduro a toujours rejeté ces allégations, les qualifiant de prétexte pour justifier une intervention étrangère visant à s’emparer des vastes réserves pétrolières du Venezuela. Le président américain Donald Trump n’a jamais caché son intérêt pour les ressources énergétiques vénézuéliennes, et les cours des actions des compagnies pétrolières américaines ont connu une hausse lundi, anticipant un possible accès à ces réserves.
L’opération américaine a provoqué une vive controverse sur la scène internationale. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a organisé une réunion d’urgence pour discuter des conséquences de cette intervention, qui a été condamnée par la Russie, la Chine et plusieurs alliés du Venezuela. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé ses inquiétudes quant à l’instabilité au Venezuela et a soulevé des questions quant à la légalité de l’opération américaine, la qualifiant d’intervention la plus audacieuse en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989.
L’avocat de Maduro, Barry Pollack, a annoncé qu’il allait engager une action en justice pour « enlèvement militaire ». L’avocat de Cilia Flores, Mark Donnelly, a quant à lui indiqué que sa cliente avait subi des blessures importantes lors de son arrestation et qu’elle avait besoin de soins médicaux.
Les États-Unis considèrent Maduro comme un dirigeant illégitime depuis son élection contestée en 2018, marquée par des accusations de fraude massive. Des experts en droit international ont remis en question la légalité de l’opération américaine, la qualifiant de violation du droit international et de rejet de l’ordre international fondé sur des règles.
À Caracas, les responsables du gouvernement Maduro tentent de maintenir le cap, oscillant entre une résistance ferme et une éventuelle coopération avec l’administration Trump. Le frère de Delcy Rodríguez, Jorge Rodriguez, a été réélu lundi président de l’Assemblée nationale, promettant de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de Maduro.
Les alliés de Washington ont adopté une attitude plus prudente, soulignant la nécessité du dialogue et du respect de l’État de droit. Aux États-Unis, l’opération a suscité une tempête politique, les démocrates accusant l’administration Trump de dérive et de manque de transparence. Un sondage Reuters/Ipsos a révélé que 72 % des Américains craignent que les États-Unis ne s’immiscent trop dans les affaires intérieures du Venezuela.
Donald Trump a affirmé que les compagnies pétrolières américaines retourneraient au Venezuela pour reconstruire le secteur pétrolier, affirmant : « Nous reprenons ce qu’ils nous ont volé. Nous sommes aux commandes. » Cependant, des dirigeants de l’industrie pétrolière ont déclaré que l’administration Trump ne les avait pas consultés avant ou après l’arrestation de Maduro.
