Face à une pression américaine croissante, le président vénézuélien Nicolás Maduro a ouvert la porte à des négociations avec Washington sur la lutte contre le trafic de drogue, tout en restant évasif sur une opération militaire présumée menée par la CIA sur son territoire.
« Si le gouvernement américain souhaite discuter sérieusement d’un accord pour lutter contre le trafic de drogue, nous sommes prêts », a déclaré Maduro lors d’une interview diffusée jeudi par la chaîne de télévision publique TeleSUR. Cette déclaration intervient alors que l’administration Trump intensifie sa campagne de pression sur le Venezuela, marquée par des frappes contre des navires soupçonnés de trafic de stupéfiants et une présence navale accrue au large des côtes vénézuéliennes.
L’interview de Maduro fait suite à des allégations concernant une attaque au sol contre une installation d’amarrage vénézuélienne le mois dernier. Washington n’a ni confirmé ni infirmé son implication, la CIA se montrant traditionnellement discrète sur ses opérations. Le président Donald Trump avait toutefois affirmé lundi que les États-Unis avaient « détruit » une installation liée au Venezuela, sans fournir de détails supplémentaires. « Nous venons de les assommer – je ne sais pas si vous avez lu ou vu – ils ont une grande usine ou une grande installation d’où partent les navires », avait-il déclaré à la radio WABC.
En octobre, Trump avait déjà annoncé avoir autorisé la CIA à mener des actions non spécifiées au Venezuela. Depuis septembre, l’administration américaine a mené plusieurs frappes contre des navires soupçonnés de transporter des drogues, au cours desquelles cinq personnes ont été tuées lors de la dernière opération, le 31 décembre, selon le Commandement Sud des États-Unis. Washington n’a présenté aucune preuve concrète pour étayer ses accusations concernant les navires ou leurs occupants.
Par ailleurs, les États-Unis ont saisi du pétrole vénézuélien et imposé un blocus aux pétroliers sanctionnés, cherchant à entraver les exportations du pays. Maduro a accusé les États-Unis de chercher à s’imposer « par le biais de menaces, d’intimidation et de force », tout en laissant entendre une ouverture à la coopération, notamment dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogue et en ce qui concerne les vastes réserves pétrolières du Venezuela. « S’ils veulent du pétrole, le Venezuela est prêt à accueillir des investissements américains, comme avec Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent », a-t-il affirmé.
Maduro a réitéré ses démentis concernant toute implication dans le trafic de drogue et a accusé les États-Unis de « fabriquer » une guerre contre lui. Il a cependant exprimé son souhait de voir s’établir des relations pacifiques et amicales entre les deux pays. « Le peuple américain doit savoir qu’il y a ici un peuple amical et pacifique, et qu’il a aussi un gouvernement ami », a-t-il déclaré.
Les États-Unis ne reconnaissent pas Maduro comme président légitime du Venezuela, estimant que les élections de 2018 étaient entachées de fraudes. Bien qu’il ait envisagé de rencontrer Maduro en novembre, Trump a ensuite affirmé que les jours du dirigeant vénézuélien étaient comptés, n’excluant pas non plus une intervention militaire.
Interrogé sur l’attaque présumée sur le sol vénézuélien, Maduro s’est montré évasif, indiquant qu’il pourrait en parler « dans quelques jours ».