À six mois de la présidentielle d’avril 2027, Marine Le Pen lance sa campagne à Orléans en promettant de restaurer l’ordre, portée par une hausse spectaculaire de sa cote dans les sondages et sur les marchés de prédiction au milieu de manifestations et de violences urbaines sans précédent.
Les manifestations massives qui secouent la France depuis des semaines ont pris une tournure insurrectionnelle ce week-end, attirant entre 500 000 et 800 000 manifestants dans les rues des grandes agglomérations. Si le mouvement étudiant initial, né le 21 septembre à Créteil contre la dégradation des infrastructures scolaires et la pénurie d’enseignants, a trouvé un écho plus large auprès des syndicats et de la classe moyenne touchée par la vie chère, les cortèges ont été éclipsés par des vagues de destructions. Des groupes cagoulés ont incendié l’hôtel de ville de Limoges, un office de tourisme historique à Lyon et pris d’assaut un poste de police à Marseille.
Marine Le Pen capitalise sur les émeutes et lance sa campagne à Orléans
Face à ce climat d’embrasement, la figure de la droite radicale a choisi la ville historique de Jeanne d’Arc pour officialiser sa candidature. Devant 8 500 partisans réunis à Orléans, la présidente du Rassemblement National a articulé son discours autour de la sécurité et de la fermeté institutionnelle, selon les informations de RTE.
🔴 Profil des casseurs 🗣️ "Un certain nombre de personnes en garde à vue actuellement gardent le silence, ne revendiquent pas de positionnement politique", indique Laure Beccuau, procureure de la République de Paris📺 Face à @VenturaAlba | #BonjourLaMatinaleTF1 pic.twitter.com/qWx61yNZaM
Comme l’a déclaré Marine Le Pen d’après RTE : « Nous allons rétablir l’État de droit. »
L’ancienne députée a multiplié les promesses de rupture avec la politique d’Emmanuel Macron, qu’elle qualifie de dépassée. Ses propositions incluent le durcissement des lois migratoires avec la mise en place de doubles frontières nationales et européennes, ainsi qu’une révision des conditions d’obtention de la nationalité française. Son allié et président du parti, Jordan Bardella, a reçu une ovation en plaidant pour un abaissement de la majorité pénale à 16 ans et l’expulsion des criminels et délinquants.

La course pour le second tour face à Jean-Luc Mélenchon
Alors que la cote de Marine Le Pen caracole entre 32 % et 38 % dans les différents scénarios de vote, le véritable enjeu politique se concentre sur l’identité de son adversaire au second tour prévu en mai prochain. Le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon atteint de son côté 17 % d’intentions de vote d’après un sondage Ipsos, consolidant sa position de dauphin malgré les tentatives de l’exécutif de lier son mouvement aux violences de la rue. Un cadre de la campagne de La France Insoumise a affirmé que la stratégie gouvernementale d’imputation des troubles ne produisait pas les effets escomptés auprès des électeurs.
| Candidat / Acteur politique | Positionnement | Évolution des indicateurs récents |
|---|---|---|
| Marine Le Pen | Rassemblement National (Droite radicale) | Créditée de 32% à 38% dans les sondages; cotes en forte hausse sur les marchés de prédiction Kalshi à 53% |
| Jean-Luc Mélenchon | La France Insoumise (Gauche radicale) | À 17% d’intentions de vote selon l’enquête Ipsos, résistant aux tentatives de récupération des émeutes |
| David Lisnard | Maire de Cannes (Centre-droit) | Cotes en recul à 11% après un pic éphémère fin septembre |
Les marchés financiers surveillent de près l’instabilité politique française. L’indice CAC 40 a reculé de 2,8 % sur un mois et de près de 6 % sur les six derniers mois, tandis que le rendement de l’obligation souveraine à 10 ans a franchi la barre des 4,9 %. Sharon Bell, stratégiste actions senior chez Goldman Sachs, a souligné que l’assainissement budgétaire exigera des mesures drastiques pour contenir le déficit public au-dessus des limites européennes, d’après les déclarations recueillies par CNBC.
Couvre-feux partiels et incertitudes sur le profil des fauteurs de troubles
Les forces de l’ordre ont procédé à plus de 1 300 interpellations au cours du dernier week-end, portant le total des arrestations à près de 2 000 depuis le début de la crise, tandis que le bilan fait état de près de 1 000 policiers et gendarmes blessés. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez impute la responsabilité des violences à des militants de l’ultragauche. Cependant, la procureure de Paris Laure Beccuau a indiqué sur l’antenne de TF1 ne pas être en mesure de valider cette analyse officielle au vu des profils des individus interpellés et placés sous enquête dans la capitale.