Home DivertissementMartin Scorsese : Rob Reiner m’avait dans la paume de sa main

Martin Scorsese : Rob Reiner m’avait dans la paume de sa main

by Antoine Girard

Publié le 24 septembre 2024 à 18h30. Le réalisateur américain Rob Reiner, connu pour des films emblématiques comme « Misery » et « This Is Spinal Tap », a laissé un vide immense chez ses proches et dans le monde du cinéma, comme témoigne l’hommage poignant de son ami et collègue.

  • Rob Reiner et l’auteur de cet article se sont rencontrés à Los Angeles au début des années 1970, partageant un amour commun pour l’humour new-yorkais.
  • L’article revient sur les racines artistiques de Reiner, dont les parents étaient des figures importantes du monde du spectacle à New York.
  • L’auteur souligne l’humour unique et le talent d’improvisation de Reiner, ainsi que son impact sur des films comme « Le Loup de Wall Street ».

C’est avec une profonde tristesse que l’auteur rend hommage à son ami Rob Reiner, disparu récemment. Leur rencontre, survenue à Los Angeles au début des années 70, a marqué le début d’une amitié durable, nourrie par une sensibilité commune et un amour partagé pour l’humour.

L’auteur évoque ses débuts à Los Angeles, où il fréquentait les mêmes cercles de comédiens que Reiner. Il se souvient de George Memmoli, un ami commun, et des soirées passées avec des figures montantes de la comédie comme David Steinberg et Dick Gregory. C’est dans ce contexte qu’il a rencontré Rob Reiner et sa femme de l’époque, Penny Marshall.

Rob Reiner, bien que né et ayant grandi en Californie, conservait un fort attachement à ses racines new-yorkaises. Sa mère, Estelle, était une chanteuse et actrice talentueuse, tandis que son père, Carl, avait fait ses armes dans l’émission légendaire « Your Show of Shows » aux côtés de Neil Simon et Mel Brooks, qui deviendra plus tard son partenaire dans le célèbre sketch « 2000 Year Old Man ». Cet héritage new-yorkais, imprégné d’un humour vif et incisif, a profondément influencé Reiner.

L’auteur se souvient de l’engagement de Reiner dans différents groupes d’improvisation, notamment « The Credibility Gap », un collectif de satiristes radio aux convictions politiques marquées. Ce groupe, qui comptait également parmi ses membres Michael McKean, Harry Shearer et Albert Brooks, se distinguait par ses critiques acerbes et son humour décalé. L’une de leurs émissions les plus connues était intitulée « J. Edgar Hoover : Trop fier pour mourir, trop mort pour vivre ».

Dès le début, l’auteur a été frappé par la personnalité attachante de Rob Reiner. Il décrit un homme drôle, parfois mordant, mais toujours généreux et spontané. Il se souvient d’un moment particulièrement révélateur lors d’une cérémonie en l’honneur de Reiner au Lincoln Center, où Michael McKean a interprété une parodie hilarante des discours d’hommage officiels. Le rire communicatif de Reiner avait résonné dans tout l’auditorium.

Au fil des années, l’auteur et Reiner sont restés en contact, échangeant sur leurs projets respectifs. L’auteur exprime son admiration pour « Misery », qu’il considère comme un film particulièrement réussi, grâce aux performances exceptionnelles de Kathy Bates et James Caan. Il rend également hommage à « This Is Spinal Tap », un film qu’il considère comme une œuvre unique et intemporelle, où le talent de Reiner en tant que réalisateur et acteur s’exprime pleinement.

L’auteur évoque une anecdote amusante survenue lors de leur première rencontre. Reiner lui avait affirmé connaître personnellement le Cisco Kid, le héros d’une célèbre chanson de War. Après avoir insisté, Reiner lui avait finalement avoué qu’il s’agissait d’une blague. L’auteur, amusé par cette facétie, avait reconnu le talent de Reiner pour captiver son auditoire.

Lors du tournage du « Loup de Wall Street », l’auteur avait pensé immédiatement à Rob Reiner pour incarner le père de Leonardo DiCaprio. Il souligne son talent d’improvisation, sa capacité à travailler avec les acteurs et sa compréhension profonde de la psychologie de son personnage : un père aimant, fier du succès de son fils, mais conscient de son destin tragique. Il se souvient avec émotion de la subtilité et de la justesse de son interprétation, notamment dans une scène où Reiner exprime son incompréhension face à la soif d’argent de son fils.

« Vous avez tout l’argent du monde, dit-il. Avez-vous besoin de l’argent des autres ? »

La perte de Rob Reiner et de sa femme Michele est perçue comme une injustice profonde. L’auteur exprime l’espoir de pouvoir un jour les revoir, de retrouver leur rire et leur compagnie, et de chérir à nouveau leur amitié.

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