Le 13 novembre 2026, la population mondiale devait atteindre l’infini selon des calculs publiés en 1960 par le physicien Heinz von Foerster dans la revue Science. Si cette prédiction mathématique s’est avérée plus exacte que celles de nombreux démographes jusque dans les années 1990, le taux de natalité actuel est aujourd’hui moitié moindre qu’à l’époque.
L’article publié en 1960 dans la revue Science sous le titre « Le jour du jugement dernier : vendredi 13 novembre A.D. 2026 » refait surface sur les réseaux sociaux. Loin d’évoquer une météorite géante ou une guerre nucléaire, les auteurs, menés par le physicien Heinz von Foerster et ses étudiants, tablaient sur une croissance démographique galopante pour fixer cette échéance. Selon leurs équations complexes fondées sur les estimations des deux derniers millénaires, le nombre d’êtres humains tendait vers l’infini à l’horizon de cette fin d’année 2026, amenant les auteurs à affirmer que nos enfants mourraient écrasés.
Quand la surpopulation faisait trembler le monde
À l’époque, la question de la surpopulation était jugée de la plus grande importance. Les chiffres d’une croissance exponentielle faisaient craindre des pénuries de ressources et des conflits géopolitiques majeurs. L’équipe de Heinz von Foerster avait constaté que le nombre d’êtres humains avait constamment dépassé les prévisions, y compris celles des projections considérées comme les plus fiables. Bien que certains lecteurs de la revue Science aient qualifié les travaux de manifestement absurde
ou de ridicule
, les chiffres avancés par le physicien se sont révélés plus justes que ceux de la plupart des démographes jusque dans les années 1990.
Le déplacement du centre de gravité démographique mondial
La réalité démographique de 2026 s’avère bien éloignée du scénario catastrophe imaginé au XXe siècle, alors que le taux de natalité est désormais réduit de moitié par rapport à 1960 dans les pays riches. L’Organisation des Nations unies (ONU) évalue la population mondiale à environ 8,3 milliards d’individus pour l’année 2025. Parallèlement, le centre de gravité démographique de la planète a profondément évolué. En 1950, de nombreux pays aujourd’hui en tête du classement ne comptaient que quelques dizaines de millions d’habitants, tandis qu’en 2026, plusieurs d’entre eux dépassent largement les 100 ou 200 millions.
Les nouvelles limites de la planète face aux estimations actuelles
Si l’explosion démographique redoutée en 1960 ne s’est pas produite de la manière prévue, la question de la charge planétaire demeure un sujet d’étude. Des chercheurs de l’université Flinders, en Australie, ont suggéré il y a quelques mois que le chiffre de 8,3 milliards d’humains dépasse déjà les capacités à long terme de la Terre. De leur côté, des équipes de l’université d’Aalto en Finlande ont averti que la population vivant en milieu rural a pu être considérablement sous-estimée, tandis que la démographie mondiale continue d’interroger la recherche scientifique à l’approche de la date fatidique de novembre 2026.