Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rejeté une proposition d’Israël visant à se joindre à la campagne militaire contre les rebelles houthis au Yémen, par crainte d’une violente réaction de l’opinion publique, selon des informations publiées le 12 octobre 2026 par le journal Haaretz.
L’offre israélienne avait été transmise à Riyadh par l’intermédiaire de médiateurs américains, alors que le royaume fait face à une recrudescence d’attaques aériennes contre ses infrastructures civiles et ses sites énergétiques. Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont intensifié leurs frappes de drones et de missiles au cours des dernières semaines.
Le refus du prince héritier et les calculs géopolitiques
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu cherchait à obtenir le feu vert de Riyadh pour participer aux opérations militaires contre le mouvement houthi, espérant ainsi renforcer les liens bilatéraux et baliser la voie vers un futur accord de normalisation entre les deux pays. Les efforts diplomatiques menés en ce sens avaient progressé par le passé, avant d’être interrompus par le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023.
Cependant, le prince héritier Mohammed ben Salmane — qui cumule les fonctions de dirigeant de fait et de Premier ministre de l’Arabie saoudite — a opposé son véto à toute implication militaire de l’État hébreu. Selon une source diplomatique citée par la presse israélienne, une telle coopération aurait provoqué une colère profonde au sein de la population saoudienne, le royaume conditionnant officiellement tout rapprochement diplomatique à la résolution de la question palestinienne et à la concrétisation d’un État palestinien, une perspective rejetée par M. Netanyahu lors de ses déclarations de campagne électorale.
L’intensification des frappes houties et la riposte aérienne
Je condamne dans les termes les plus fermes l’horrible attaque terroriste contre l’aéroport international King Khalid à Riyadh, en Arabie saoudite, qui a coûté la vie à 12 personnes innocentes et en a blessé des centaines d’autres.
Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, via le réseau social X
Répercussions économiques et réactions internationales
Alors que Washington évalue une éventuelle assistance ciblée pour soutenir les opérations du royaume — le président américain Donald Trump ayant déclaré à la Maison-Blanche que son administration examinait la possibilité de se joindre aux frappes saoudiennes —, Téhéran a multiplié les appels en faveur d’une issue politique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu téléphoniquement avec son homonyme saoudien, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, pour plaider pour le dialogue et offrir l’médiation de son pays afin de désamorcer la crise régionale.

Enjeux stratégiques et sécurité des routes maritimes
Les développements récents au Yémen et en Arabie saoudite ont également soulevé de vives inquiétudes quant à la sécurité de la navigation internationale et à la protection des voies commerciales stratégiques. L’évolution de la situation le long du détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite une part considérable du commerce mondial de fret et de pétrole, demeure au centre des préoccupations des observateurs diplomatiques et des puissances maritimes.
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