Publié le 24 janvier 2026. Quatre ans après la marée noire qui a dévasté les côtes péruviennes, les communautés locales et les autorités s’inquiètent du manque de progrès dans la réhabilitation des zones touchées et l’indemnisation des victimes.
- Le Bureau du Médiateur exprime sa préoccupation face au retard dans l’approbation des plans de réhabilitation et à la persistance de hydrocarbures dans les sédiments.
- Les pêcheurs artisanaux réclament un groupe de travail multisectoriel pour évaluer précisément l’étendue des dommages subis.
- L’institution souligne l’importance d’un registre unique des personnes affectées et plaide pour une participation accrue des populations concernées aux processus d’indemnisation.
La catastrophe environnementale, survenue il y a quatre ans, a frappé les côtes de Ventanilla (Callao), Ancón et Santa Rosa (Lima), ainsi que Chancay et Aucallama (Huaral). Malgré les efforts de surveillance environnementale, la récupération complète de l’écosystème marin et côtier est compromise par l’absence de plans de réhabilitation définitivement approuvés. Cette situation alimente la méfiance quant à la qualité sanitaire des ressources marines, essentielles à la vie des populations locales.
Une récente inspection conjointe, menée en novembre dernier dans les zones affectées, a révélé que si les normes de qualité de l’eau de mer ne sont pas dépassées dans plusieurs secteurs, des concentrations préoccupantes d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) persistent dans les sédiments de certaines plages. Ces niveaux, supérieurs aux seuils de référence, confirment la nécessité d’une intervention rapide et durable pour assainir les zones contaminées.
Le processus d’indemnisation des personnes touchées reste un point de friction majeur. La Fédération des pêcheurs artisanaux ancestraux a demandé fin 2025 la création d’un groupe de travail multisectoriel afin d’évaluer l’ampleur réelle des dégâts et leur impact sur le long terme. Les pêcheurs maintiennent leurs revendications initiales concernant l’identification précise des personnes affectées, la continuité des compensations financières et la réhabilitation des zones impactées par la marée noire.
Le Bureau du Médiateur salue la création du Registre unique consolidé des personnes affectées, mis en place par la loi 32534 (publiée le 16 décembre 2025), qui recense les déversements d’hydrocarbures survenus sur la côte péruvienne et déclarés urgence environnementale depuis le 1er janvier 2022. Toutefois, il insiste sur la nécessité de modifier l’annexe 4 de la réglementation relative au transport d’hydrocarbures par pipelines. Cette modification vise à garantir une participation active, transparente et équitable des populations concernées à chaque étape des procédures d’indemnisation, en s’appuyant sur des critères techniques objectifs et rigoureux.
Le Bureau du Médiateur rappelle que les plans de réhabilitation sont essentiels pour garantir la restauration environnementale du littoral touché, conformément à la législation en vigueur et aux principes de prévention, de réparation intégrale et de responsabilité environnementale. Leur approbation rapide et leur mise en œuvre efficace sont cruciales non seulement pour restaurer les écosystèmes marins et côtiers, mais aussi pour protéger les droits fondamentaux des populations qui en dépendent.
L’institution exhorte les entités compétentes à finaliser avec diligence et précision l’évaluation des plans de réhabilitation, et l’entreprise responsable à se conformer pleinement aux exigences techniques formulées. Quatre ans après le déversement, l’assainissement de l’environnement ne doit plus être une simple promesse, mais une réalité tangible. Le Bureau du Médiateur réaffirme son engagement à poursuivre son travail de surveillance dans les zones touchées et auprès des institutions concernées, afin de préserver l’intégrité et les droits des populations affectées.