Publié le 22 novembre 2025 à 13h54. Amsterdam, malgré un renforcement des contrôles et des amendes, peine à lutter contre l’accumulation de déchets sauvages, un problème qui frustre de plus en plus ses habitants.
- Le nombre de signalements de dépôts sauvages a augmenté de 17% en un an, atteignant près de 160 000 plaintes.
- Les problèmes internes de l’entreprise de nettoyage de la ville, tels que la surcharge de travail et le manque de matériel, contribuent à la dégradation de la situation.
- Les amendes, bien qu’en augmentation (plus de 11 000 l’année dernière), ne semblent pas dissuader les incivilités.
Amsterdam se retrouve confrontée à une escalade de la saleté dans ses rues, malgré les efforts déployés par la municipalité. L’augmentation du nombre de contrôles et la multiplication des amendes n’ont pas suffi à endiguer le phénomène, suscitant une vive frustration parmi les habitants.
La rue Tweede van Swindenstraat, dans l’est d’Amsterdam, est citée en exemple. Elle est jonchée de bouteilles en plastique, de couches usagées et de fruits pourris, les sacs poubelles étant régulièrement déchirés par des personnes en quête de matériaux recyclables. Le nettoyage des détritus peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Selon un spécialiste du comportement, Kees Keizer, les déchets attirent les déchets.
« C’est un monstre à plusieurs têtes »,
Kees Keizer, spécialiste du comportement
Il explique que la présence de désordre encourage même les gens à enfreindre d’autres règles.
Avec 14 millions de visiteurs par an, 930 000 habitants et un centre historique aux rues étroites, maintenir Amsterdam propre représente un défi de taille. La situation semble toutefois s’aggraver, la ville perdant le contrôle sur ce « monstre des déchets ».
Un sondage municipal révèle que la propreté de la ville est une source de préoccupation majeure pour les habitants, ne devançant en termes de frustration que la pénurie de logements. AT5 a récemment révélé des problèmes internes au sein de City Cleaning Amsterdam, notamment une culture de la peur et des plaintes concernant la charge de travail, les véhicules en panne et les situations dangereuses.
L’absentéisme pour cause de maladie est élevé et un nombre important de véhicules sont hors service. De plus, les employés sont affectés à des missions dans toute la ville plutôt que dans leur quartier habituel, ce qui affecte leur sentiment de sécurité et leur fierté professionnelle.
En 2020, une équipe spéciale chargée de traquer les dépôts sauvages a été créée. Composée de 53 surveillants (contre 14 initialement), elle inflige des avertissements ou des amendes aux personnes identifiées comme responsables des infractions. Les amendes s’élèvent à 110 euros pour les particuliers et à 550 euros (environ 615 dollars américains) pour les entreprises.
Malgré plus de 11 000 amendes infligées l’année dernière et près de 9 000 jusqu’en octobre de cette année, l’impact sur la propreté des rues reste limité.
« C’est purement une question de mentalité à Amsterdam »,
Un surveillant
déclare l’un des surveillants, soulignant que les habitants retirent souvent les informations permettant de les identifier de leurs déchets pour éviter les amendes.
Kees Keizer estime que la municipalité doit faciliter l’élimination des déchets pour les habitants, en tenant compte de la taille réduite des logements à Amsterdam.
« Les gens ne vont vraiment pas garder leurs déchets dans la maison pendant des jours »,
Kees Keizer, spécialiste du comportement
explique-t-il. Il souligne également l’importance de maintenir la propreté autour des conteneurs, en effectuant le nettoyage aux heures de pointe pour un impact maximal.
