Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Merethe Solberg, LO | Farce totale dans la Fédération

Publié le 25 novembre 2025 à 16h24. L'ancienne dirigeante d'un département de la Confédération suédoise des syndicats (Fellesforbundet) conteste son éviction, estimant qu'elle a été victime d'une procédure irrégulière et d'une ingérence de la direction nationale. L'affaire, portée…

Merethe Solberg, LO | Farce totale dans la Fédération

Publié le 25 novembre 2025 à 16h24. L’ancienne dirigeante d’un département de la Confédération suédoise des syndicats (Fellesforbundet) conteste son éviction, estimant qu’elle a été victime d’une procédure irrégulière et d’une ingérence de la direction nationale. L’affaire, portée devant les tribunaux, soulève des questions sur les droits des délégués syndicaux et les pratiques internes de l’organisation.

  • Merethe Solberg, ancienne directrice du département 10, affirme avoir été mise à l’écart après avoir pris des décisions difficiles, notamment des licenciements.
  • Le syndicat soutient que son département était en crise et qu’une intervention était nécessaire, mais l’ancienne dirigeante dénonce un manque de transparence et un harcèlement.
  • L’affaire pose la question de savoir si Solberg était une employée ou une élue, et donc soumise à des règles différentes en matière de licenciement.

L’affaire Merethe Solberg, portée devant le tribunal de district d’Oslo, met en lumière les tensions internes à la Confédération suédoise des syndicats (Fellesforbundet). En janvier dernier, l’ancienne directrice du département 10 s’est retrouvée sans emploi lorsque ce dernier a été placé sous l’administration directe de la confédération. Solberg conteste cette décision, estimant qu’elle a été injustement écartée et que la procédure suivie était irrégulière.

Selon la Fellesforbundet, Solberg était une déléguée syndicale à temps plein, une situation qui la plaçait sous un régime juridique particulier, distinct de celui des salariés classiques. De plus, les statuts de la fédération prévoient que l’ensemble du conseil d’administration d’un département doit démissionner si celui-ci est placé sous tutelle.

L’affaire est d’autant plus complexe que le statut de Solberg est au cœur du débat : était-elle une employée, susceptible d’être licenciée, ou une élue politique, dont le mandat pouvait être révoqué en vertu des règles de l’association ?

L’histoire a débuté en 2017, lorsque Merethe Solberg, auparavant employée chez Ikea à Slemmestad, a été élue vice-présidente du département 10, qui représente les travailleurs des secteurs du tourisme et de la restauration. Elle a rapidement gravi les échelons, devenant directrice à l’unanimité en 2019. À l’époque, le département était confronté à de graves difficultés internes et à des conflits majeurs, et Solberg avait pour mission de rétablir l’ordre.

Sa gestion s’est avérée difficile. Solberg a dû prendre des décisions impopulaires, notamment des mesures disciplinaires à l’encontre de certains employés. Elle a suivi des formations et sollicité un avis juridique pour tenter de résoudre les conflits, mais sans succès. Elle a notamment été confrontée à des accusations de harcèlement sexuel et à des menaces de mort.

Au cours de cette période, la direction de la Fellesforbundet a régulièrement sollicité Solberg, lui donnant des instructions sur la manière de gérer les dossiers. Dans certains cas, elle s’est vue ordonner d’annuler des décisions de licenciement. Parallèlement, des membres de son propre conseil d’administration ont déposé des rapports auprès de la direction nationale, sans qu’elle en soit informée ou qu’elle ait la possibilité de s’expliquer.

En 2023, la Fellesforbundet a nommé un responsable temporaire pour remplacer Solberg, qui était en arrêt maladie. Le service des ressources humaines a également été impliqué, mais sans parvenir à résoudre les conflits. L’année suivante, Solberg a obtenu l’accord de son conseil d’administration pour licencier une autre employée, mais cette décision a suscité de vives critiques et de nouvelles plaintes.

C’est finalement en 2024 que le syndicat a décidé de placer le département 10 sous tutelle. Solberg a alors contesté cette décision devant les tribunaux.

L’affaire soulève plusieurs questions cruciales, notamment le principe selon lequel les délégués syndicaux élus ne devraient pas être soumis aux instructions de la direction nationale. Elle met également en lumière le manque de clarté dans les procédures internes de la Fellesforbundet, notamment en ce qui concerne la gestion des signalements et des conflits.

Le procès devant le tribunal de district d’Oslo devrait durer quatre jours. Merethe Solberg a déjà exprimé son sentiment d’avoir été trahie par des personnes en qui elle avait confiance.

Lire aussi : Eva Stenbro : Un cauchemar pour les RH

Lire aussi : Gyda U. Odekalv : La Norvège doit cesser d’agir comme une colonie commerciale

Lire aussi : Gunnar Stavrum : La Norvège doit être payée pour être un « paradis des centres de données »

Eva Stenbro est administratrice du groupe Amedia et membre du comité norvégien de PEN. Journaliste depuis 30 ans, elle a dirigé la couverture du journal Helse i Romerikes Blad pendant six ans. Elle est titulaire d’une formation en études médiatiques de l’Université norvégienne des sciences et de la technologie (NTNU) et s’intéresse à des sujets tels que la liberté d’expression, le journalisme et la vie privée.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.