Publié le 29 septembre 2025 15:59:00. Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, défend ses nouveaux outils de sécurité pour les adolescents, alors qu’une étude récente remet en question leur efficacité à protéger les jeunes contre les contenus potentiellement dangereux.
- Meta étend ses comptes adolescents avec protections renforcées à Facebook et Messenger, après les avoir lancés sur Instagram l’année dernière.
- Une enquête indépendante révèle que les outils d’Instagram ne parviennent pas toujours à empêcher les adolescents d’être exposés à des contenus liés au suicide et à l’automutilation.
- La responsable de la sécurité de Meta affirme que les algorithmes de recommandation sont essentiels pour une expérience en ligne plus sûre et que l’entreprise continue d’investir dans la modération humaine et l’intelligence artificielle.
Meta a réagi aux critiques concernant la sécurité de ses plateformes en déployant des comptes adolescents dotés de contrôles parentaux et de paramètres de confidentialité accrus. Initialement lancés sur Instagram, ces comptes sont désormais disponibles sur Facebook et Messenger, dans le but de créer un environnement en ligne plus adapté aux jeunes utilisateurs.
Cependant, une étude menée par Cybersecurity for Democracy, en collaboration avec des experts et des associations de défense des enfants comme la Molly Rose Foundation, soulève des doutes sur l’efficacité de ces mesures. L’enquête, menée par le Centre de recherche américain, a révélé que les outils de protection d’Instagram ne suffisent pas à empêcher les adolescents d’accéder à des contenus préoccupants, notamment ceux liés au suicide et à l’automutilation.
Interrogée par RTÉ News lors d’une visite en Irlande, Antigone Davis, responsable mondiale de la sécurité de Meta, a contesté la méthodologie du rapport. Elle a néanmoins reconnu l’importance de la question et a souligné que les recherches internes de Meta, ainsi que d’autres études, indiquent que les adolescents voient moins de contenus potentiellement nuisibles grâce à ces comptes protégés.
« Nous ne sommes pas d’accord avec la méthodologie du rapport, mais en mettant cela de côté, ce que nous savons et nos propres recherches montrent, et d’autres recherches ont montré que les adolescents voient moins de tout ce contenu via des comptes adolescents, de sorte que ces garanties fonctionnent. »
Antigone Davis, responsable mondiale de la sécurité de Meta
La discussion a également porté sur le rôle des systèmes de recommandation, ces algorithmes qui déterminent le contenu affiché dans les flux d’actualité des utilisateurs. Des groupes de défense des enfants dénoncent la toxicité potentielle de ces systèmes, qui peuvent conduire les jeunes à être exposés à des contenus inappropriés liés à l’automutilation, aux troubles alimentaires ou à des formes de masculinité toxique.
Antigone Davis a défendu ces algorithmes, expliquant qu’ils visent à personnaliser l’expérience utilisateur en proposant du contenu susceptible d’intéresser chaque individu. Elle a précisé que Meta ne recommande pas activement de contenus liés au suicide ou à l’automutilation, mais que ces derniers peuvent parfois apparaître dans les flux d’actualité, d’où l’importance des outils de protection mis en place.
« Ce qu’ils font, c’est prendre des choses pour les gens qui s’intéressent, puis nous essayons d’offrir une expérience personnalisée. C’est important pour la sécurité parce que si vous pensez à ce que vous voulez qu’un adolescent s’engage, nous voulons nous assurer qu’ils voient un contenu adapté à l’âge, cela fait partie de la personnalisation et de ce que font ces algorithmes. »
Antigone Davis, responsable mondiale de la sécurité de Meta
Meta propose plusieurs outils pour permettre aux utilisateurs de contrôler le contenu qu’ils voient, notamment des filtres de contenu sensible, une fonction “Explorer” pour signaler les contenus indésirables et une option de “réinitialisation numérique” pour repartir avec un algorithme vierge. La question de la désactivation pure et simple des algorithmes de recommandation pour les adolescents a été soulevée, mais Antigone Davis a estimé qu’une telle mesure pourrait paradoxalement rendre l’expérience en ligne moins sûre.
Les préoccupations concernant la sécurité des adolescents sur les plateformes de Meta ont été récemment renforcées par un rapport de Common Sense Media, qui a mis en garde contre les “risques inacceptables” liés à l’outil d’intelligence artificielle de Meta, Meta AI. Le rapport souligne que les systèmes de sécurité actuels sont souvent défaillants et ne parviennent pas à détecter les signes de détresse psychologique chez les jeunes.
En réponse, Antigone Davis a affirmé que Meta avait mis en place des mesures strictes pour limiter les risques liés à l’IA, notamment en bloquant les tentatives des adolescents de solliciter des informations sur le suicide et en leur proposant des ressources d’aide.
Meta a également été critiquée pour avoir réduit le nombre de modérateurs de contenu humains et pour sa dépendance croissante à l’intelligence artificielle pour la détection et la suppression des contenus nuisibles. Antigone Davis a cependant insisté sur le fait que l’entreprise continue de faire appel à des modérateurs humains pour compléter le travail de l’IA.
« Nous avons toujours des modérateurs de contenu humain, nous faisons toujours une revue humaine, nous utilisons également l’IA. L’IA peut être très précise pour éliminer des choses comme le matériel inapproprié. Vous aurez toujours besoin de critiques humains, et nous l’avons toujours. »
Antigone Davis, responsable mondiale de la sécurité de Meta
Interrogée sur la difficulté de contrôler le flux constant de contenus publiés par des milliards d’utilisateurs, Antigone Davis a reconnu le défi, mais a affirmé que Meta avait fait des progrès significatifs dans la suppression des contenus qui violent ses politiques. Elle a souligné que l’entreprise réagit rapidement aux signalements et que l’IA peut être un outil précieux pour identifier les contenus problématiques.
Pour toute personne touchée par ces problématiques, des ressources et des lignes d’assistance sont disponibles sur la page d’assistance de RTÉ.
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