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Milei, avec Messi, contre Tapia et Kicillof : le « témoin » qui peut tout changer

Publié le 8 décembre 2025 à 16h57. Une clé USB contenant des informations compromettantes pour des dirigeants de l'AFA (Association Argentine de Football), dont le président Claudio Tapia, est au centre d'une affaire qui secoue le football argentin,…

Milei, avec Messi, contre Tapia et Kicillof : le « témoin » qui peut tout changer

Publié le 8 décembre 2025 à 16h57. Une clé USB contenant des informations compromettantes pour des dirigeants de l’AFA (Association Argentine de Football), dont le président Claudio Tapia, est au centre d’une affaire qui secoue le football argentin, tandis que le président Javier Milei utilise cette affaire dans sa stratégie de « combat culturel ».

  • Un ancien responsable de l’AFA, Juan Pablo Beacon, serait détenteur d’une clé USB contenant des preuves de malversations financières.
  • Ces malversations incluraient des paiements fictifs à des entreprises américaines, des opérations de change illégales et des contrats surévalués avec des clauses de pénalités exorbitantes.
  • L’affaire intervient alors que le président Milei intensifie ses attaques contre l’establishment politique et économique argentin, notamment le gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof.

L’affaire prend des allures de thriller, selon plusieurs sources. Juan Pablo Beacon, qui occupait récemment un poste à l’AFA sous la direction de Claudio Tapia et Pablo Toviggino, détiendrait des informations potentiellement explosives. Il s’agirait notamment d’une clé USB contenant des données sensibles, ainsi que de notes et de factures corroborant des mouvements financiers suspects.

Parmi les irrégularités pointées du doigt, on retrouve des paiements multiples de l’AFA à des entreprises basées aux États-Unis pour des services qui n’auraient jamais été rendus. Des sources évoquent également des opérations de change illégales, où des dollars seraient sortis d’Argentine au taux officiel pour être récupérés en pesos au taux bleu (marché noir), avec l’aval de hauts responsables du gouvernement précédent, dont Sergio Massa.

D’autres contrats, notamment ceux conclus avec des entreprises de nettoyage et de restauration, contiendraient des clauses de pénalités en cas de résiliation atteignant plusieurs millions de dollars. L’AFA aurait déjà dû payer ces pénalités, malgré les conséquences financières désastreuses que cela aurait pu entraîner.

Dans les dernières heures, Beacon a été surnommé, sous le sceau du secret, « l’Oscar Centeno des affaires opaques du football », en référence à un ancien comptable impliqué dans des scandales de corruption. Il semblerait qu’il ait contracté des dettes de jeu et qu’il ait remis la clé USB à ses créanciers, qui tentent désormais de la vendre à des acheteurs potentiels. Des offres allant jusqu’à 150 000 dollars auraient été proposées.

Guillermo Tofoni, ancien directeur exécutif de Word Eleven, l’organisateur des matchs amicaux de l’équipe nationale argentine, aurait été approché, mais aurait refusé de visionner les données. Certains doutent cependant de la sincérité de Beacon, suggérant qu’il aurait déjà été indemnisé par Tapia et Toviggino en échange de son silence.

L’affaire prend une dimension politique avec l’implication du président Javier Milei. Jusqu’au 28 juillet, Beacon se présentait comme un fervent défenseur de Tapia sur son compte X, republiant notamment des critiques virulentes contre Federico Sturzenegger, un ancien ministre accusé de favoriser un régime fiscal spécial pour l’AFA. Cependant, Milei semble désormais utiliser cette affaire dans sa stratégie de « combat culturel », en dénonçant la corruption et les privilèges de l’establishment argentin.

Le président a notamment partagé des images de maillots de football de collection, dont celui de Lionel Messi offert par l’Inter Miami, pour illustrer son engagement envers le sport national. Il a affirmé qu’il ne ferait rien qui puisse compromettre la participation de l’équipe argentine à la prochaine Coupe du Monde, mais qu’il ne s’immiscerait pas non plus dans les affaires judiciaires.

Par ailleurs, un juge fédéral, Daniel Rafecas, a ordonné la surveillance de la luxueuse propriété attribuée à Toviggino, Villa Rosa. Des révélations majeures sont attendues dans les prochains jours concernant Ariel Maximiliano Vallejo, un financier proche de Tapia, et sa société Sur Finanzas, dans le cadre d’une enquête menée par la procureure Cecilia Incardona et le juge Luis Armella.

Milei a également intensifié ses attaques contre Axel Kicillof, le gouverneur de la province de Buenos Aires, dénonçant des accords de concessions mutuelles entre lui, La Cámpora, Massa et des législateurs pour approuver la dette de la province. Il a annoncé qu’il n’autoriserait le refinancement de la dette provinciale qu’à condition d’un déficit zéro, conformément à une loi de 2004.

Selon le ministre Luis Caputo, Kicillof ne respecterait pas la loi sur la responsabilité fiscale, ce qui justifierait le refus du gouvernement national de lui permettre de s’endetter davantage. Les conseillers de Milei préparent déjà une offensive médiatique pour dénoncer la gestion financière de Kicillof et maintenir l’affaire de l’AFA sous les projecteurs.

Pour le président, Kicillof et Tapia représentent les deux faces d’une même médaille, symbolisant la corruption et l’opacité qui gangrènent le système argentin. Il a autorisé Sandra Petovello, sa ministre, à attaquer la création d’une université liée à l’AFA, qu’elle juge illégale.

Milei a déclaré :

« Je ne ferai rien qui puisse enfreindre le règlement de la FIFA, mais les règles sont là pour être respectées. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.