À Paris le 16 septembre, l’Agence spatiale européenne et l’entreprise Mistral ont signé une lettre d’intention pour approfondir leur collaboration en matière d’intelligence artificielle, unissant l’infrastructure de la start-up européenne aux missions de l’organisation.
L’accord a été officialisé par Josef Aschbacher, directeur général de l’Agence spatiale européenne (l’ESA), et Arthur Mensch, PDG de Mistral.
Cette entente cherche à renforcer la souveraineté et la compétitivité technologique du continent dans les secteurs spatiaux et numériques.
Mistral dévoile le modèle Mistral Large 4
Quelques semaines plus tard, l’entreprise française a dévoilé son nouveau modèle d’intelligence artificielle baptisé Mistral Large 4, ou ML4, surnommé à l’interne Le Chonk
en référence à son gabarit volumineux et à son emblème félin. Ce système se positionne comme une intelligence artificielle de pointe tout en affichant des coûts énergétiques et des besoins en matériel réduits face aux standards américains.
L’entraînement initial du modèle a nécessité seulement 4 000 processeurs Grace Blackwell de Nvidia et une puissance de 10 mégawatts. En comparaison, les infrastructures des géants d’outre-Atlantique mobilisent des ressources bien plus massives.

Sur le plan technique, il s’agit d’une architecture multimodale dotée de 1 000 milliards de paramètres, dont 49 milliards actifs. Le logiciel prend en charge plus de 160 langues, couvrant ainsi l’ensemble des parlers de l’Union européenne.
L’intelligence artificielle au service des missions spatiales
Dans le cadre de l’accord conclu avec l’Agence spatiale européenne, les outils de Mistral serviront à exploiter les flux massifs de données d’observation de la Terre. Les applications pratiques visent à automatiser des tâches répétitives, à faciliter l’accès à la documentation technique et à soutenir les ingénieurs lors de la conception des missions.
Les technologies partagées s’appuient notamment sur des initiatives déjà en cours, telles qu’Orbit, un assistant sécurisé dédié aux activités d’ingénierie, et EVE (Earth Virtual Expert), un module spécialisé développé par le Φ-lab de l’organisation pour les sciences de la Terre.

Une conception ouverte pour contrer la concurrence
À la différence des modèles dits fermés proposés par la concurrence internationale, le modèle ML4 adopte une structure à poids ouverts (open-weight
), dont les paramètres publics sont téléchargeables.
Le cofondateur de l’entreprise, Guillaume Lample, insiste sur la pertinence de ces choix pour renforcer les défenses numériques. Les performances du système en matière de cybersécurité doivent permettre aux entreprises et aux gouvernements de se défendre contre les acteurs malveillants
qui contournent les protections des modèles fermés, selon les déclarations relayées par la presse spécialisée.
Un calendrier de déploiement fixé au 27 octobre
Ces annonces font suite à une levée de fonds de 3 milliards d’euros réalisée par l’entreprise française, portant sa valorisation globale à plus de 21 milliards d’euros. Bien que conséquents à l’échelle européenne, ces capitaux restent modestes en comparaison des sommes colossales brassées par les acteurs nord-américains du secteur.
Actuellement, le modèle ML4 est accessible pour des phases de test via Mistral Studio. L’éditeur a prévu de rendre l’intégralnalité de ses paramètres publics le 27 octobre, laissant le temps aux développeurs, aux experts en sécurité et aux autorités publiques d’évaluer son comportement en conditions réelles.