Une étude internationale publiée dans Science Advances révèle qu’une partie du génome humain, longtemps qualifiée d’ADN poubelle, orchestre activement le travail de nos gènes. Près de 7 000 séquences de la famille MER11 chez les primates montrent que ces anciens parasites viraux agissent comme des interrupteurs biologiques.
La communauté scientifique a relégué près de la moitié de notre patrimoine génétique au rang de déchet évolutif pendant des décennies. Ces séquences gouvernent l’expression de nos gènes.
Barbara McClintock découvre les éléments transposables dans le maïs
L’histoire remonte aux années 1940. Barbara McClintock observe alors un phénomène étrange dans ses plants de maïs : certaines séquences d’ADN semblent capables de sauter d’un endroit à l’autre du génome.
Des virus anciens ont envahi l’ADN des ancêtres humains
Ces mystérieux voyageurs génétiques proviendraient de vestiges d’anciens virus qui auraient infecté nos ancêtres il y a des millions d’années. Ils se sont reproduits de manière répétitive jusqu’à envahir notre ADN.
Les bases de données génomiques traitaient ces séquences comme un ensemble homogène.
Quatre familles distinctes émergent de l’analyse des séquences MER11
Une équipe internationale de chercheurs a voulu analyser les relations évolutives entre ces éléments transposables en se concentrant sur la famille MER11, particulièrement mal comprise. L’approche méthodique révèle quatre familles distinctes, baptisées MER11_G1 à MER11_G4, qui racontent une histoire évolutive différente de la plus ancienne à la plus récente chez les primates.
Près de 7 000 séquences MER11 provenant de primates, dont l’homme, ont été testées par les scientifiques en utilisant une technique de pointe appelée lentiMPRA pour valider leurs hypothèses. Cette méthode permet d’évaluer simultanément l’impact de milliers de séquences sur l’activité génétique, démontrant que la famille MER11_G4 montre une capacité remarquable à stimuler l’expression des gènes grâce à des motifs régulateurs uniques.