Home DivertissementMohammad Bakri : L’acteur et réalisateur palestinien de renom est décédé à 72 ans

Mohammad Bakri : L’acteur et réalisateur palestinien de renom est décédé à 72 ans

by Antoine Girard

Publié le 24 mai 2024 à 14h52. L’acteur et réalisateur palestinien israélien Mohammad Bakri, figure emblématique du cinéma et du théâtre au Moyen-Orient, est décédé à l’âge de 72 ans, laissant derrière lui une œuvre marquée par l’engagement et la controverse.

  • Mohammad Bakri est décédé mercredi des suites de problèmes cardiaques.
  • Son film « Jenin, Jenin », documentaire sur les événements du camp de réfugiés de Jénine en 2002, a été interdit en Israël et a fait l’objet d’une longue bataille juridique.
  • Bakri était reconnu pour son interprétation poignante et son engagement en faveur des droits de son peuple.

Mohammad Bakri s’est éteint mercredi dans sa ville natale d’al-Bi’neh, dans le nord d’Israël, où ses funérailles ont eu lieu le même jour. La nouvelle de son décès a suscité une vive émotion dans le monde artistique et politique, tant en Israël qu’en Palestine.

Son fils, Saleh Bakri, également acteur, a annoncé la disparition de son père sur Instagram avec une profonde tristesse :

« C’est avec une profonde tristesse et un profond chagrin que nous annonçons le décès de notre père bien-aimé, l’acteur Mohammed Bakri. »

Saleh Bakri, acteur

Bakri a débuté sa carrière dans les années 1980, alternant entre le théâtre et le cinéma en arabe et en hébreu, participant à des productions palestiniennes et israéliennes. Il s’est fait connaître du grand public grâce à son rôle dans le film israélien « Au-delà des murs » (1984) réalisé par Uri Barbash, une œuvre saluée pour sa représentation nuancée des relations entre prisonniers palestiniens et israéliens. Le film avait même été nominé pour un Oscar.

Le réalisateur Uri Barbash a témoigné de la complexité de l’homme et de l’artiste :

« Mohammed Bakri n’a pas eu une vie facile dans la société israélienne. Il a traversé un incroyable… voyage de boycotts, d’isolement et d’ostracisme. »

Uri Barbash, réalisateur

Il a également souligné la profondeur émotionnelle de Bakri :

« Il était un réacteur nucléaire d’émotions. Il était émotionnellement connecté aux sons de son âme. Il ne fait aucun doute qu’en tant que créateur et acteur, il était totalement impliqué dans ses œuvres. »

Uri Barbash, réalisateur

Bakri s’est également distingué en tant que réalisateur, notamment avec le documentaire « Jenin, Jenin » (2002). Ce film, qui présentait les témoignages de résidents du camp de réfugiés de Jénine après l’opération Bouclier défensif, a provoqué une vive polémique en Israël et a été interdit de projection par l’Office israélien du film. Malgré plusieurs recours, dont un devant la Cour suprême, l’interdiction a été maintenue en 2022.

Le réalisateur israélien Sinai Peter a salué la fermeté de Bakri face à cette controverse :

« Malgré la « campagne folle » contre Bakri et son film « Jenin, Jenin », il « est resté ferme, à la fois dans sa position droite en faveur des droits de son peuple et dans son engagement en faveur d’une vie commune et de la paix pour les Israéliens et les Palestiniens. »

Sinai Peter, réalisateur

L’identité palestinienne de Mohammad Bakri a toujours été au cœur de son travail artistique, comme en témoigne sa pièce de théâtre « Le Monologue de Bakri », inspirée de l’œuvre d’Emile Habib, « La vie secrète de Saeed : le pessoptimiste », un texte fondateur sur l’identité des Palestiniens en Israël. Cette pièce explore la tragédie et l’ironie de la condition palestinienne à travers le personnage de Saeed, un Palestinien devenu citoyen israélien.

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