Home SantéMoody’s prévoit une augmentation des menaces liées à l’IA et des frictions réglementaires pour 2026

Moody’s prévoit une augmentation des menaces liées à l’IA et des frictions réglementaires pour 2026

by Sophie Martin

Les cyberattaques vont s’intensifier en 2026, dopées par l’intelligence artificielle (IA), et la coordination internationale des réglementations en matière de cybersécurité peine à suivre, selon un nouveau rapport de Moody’s. Le cabinet d’analyse financière prévoit également une recrudescence des vols de cryptomonnaies, exacerbée par la vulnérabilité des plateformes d’échange et de stockage.

L’étude, publiée jeudi, met en garde contre l’émergence de logiciels malveillants « adaptatifs », capables d’échapper aux défenses traditionnelles grâce à l’IA. Ces programmes pourraient lancer des attaques plus rapidement et de manière plus personnalisée, voire même agir de manière autonome, une perspective qui inquiète de plus en plus les experts du secteur.

Moody’s souligne que les récentes interruptions de service des fournisseurs de services cloud, dues à des incidents techniques, ont révélé la fragilité de ces infrastructures. Si ces pannes avaient été le fait d’attaquants malveillants, les conséquences auraient pu être catastrophiques.

Si l’IA offre des opportunités pour renforcer la cybersécurité, elle introduit également de nouveaux risques. Les solutions de défense basées sur l’IA ne sont pas une panacée, avertit le rapport, et nécessitent une gouvernance rigoureuse pour éviter des comportements imprévisibles et des erreurs cumulatives. « Les entreprises qui s’appuient uniquement sur des processus manuels prendront du retard, augmentant ainsi leur exposition à des violations coûteuses », explique le rapport.

Le développement de logiciels malveillants entièrement autonomes, capables de s’adapter en temps réel aux contre-mesures, n’est pas attendu avant trois à cinq ans, mais la menace est réelle et croissante.

Par ailleurs, Moody’s constate un manque d’harmonisation des réglementations entre l’Union européenne, les États-Unis et la région Asie-Pacifique. L’UE s’efforce de mettre en place des cadres réglementaires coordonnés, comme la directive sur la sécurité des réseaux et de l’information (NIS2), tandis qu’aux États-Unis, l’administration actuelle semble ralentir ou abandonner certaines initiatives de ses prédécesseurs.

« L’harmonisation régionale pourrait progresser en 2026, mais un véritable alignement mondial sera difficile à atteindre en raison des priorités nationales divergentes et des agendas législatifs contradictoires », observe Moody’s. Le défi consiste à renforcer la résilience des systèmes, plutôt que de la diluer, en comblant les lacunes plus rapidement que les attaquants ne peuvent les exploiter.

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