L’association des exploitants de multiplex en Inde (MAI) s’inquiète vivement du projet de rachat de Warner Bros. Discovery par Netflix, craignant un impact négatif sur l’avenir des salles de cinéma dans le pays. Cette fusion, estimée à 82,7 milliards de dollars (environ 76,5 milliards d’euros), pourrait modifier en profondeur la distribution des films et l’expérience cinématographique pour le public indien.
Annoncée le 5 décembre dernier, cette opération, qui devrait se concrétiser après la scission de la division Global Networks de WBD au troisième trimestre 2026, rapprocherait les studios emblématiques de Warner Bros., HBO et HBO Max de la plateforme de streaming Netflix. Si Netflix assure vouloir maintenir les activités cinématographiques de Warner Bros., la MAI exprime des réserves quant à la stratégie habituelle de la plateforme en matière de sorties en salles.
« Le marché indien du cinéma repose sur la diversité de l’offre, l’ampleur de la distribution et la richesse culturelle, » a déclaré Kamal Gianchandani, président de la MAI, dans un communiqué. « Warner Bros. a toujours été un partenaire essentiel pour les cinémas indiens, contribuant régulièrement à notre programmation avec des films internationaux et locaux à succès. »
L’association souligne l’importance économique des salles de cinéma, qui ne sont pas seulement des lieux de divertissement, mais aussi des centres culturels et des moteurs de croissance. Elles soutiennent des millions d’emplois dans les secteurs de la production, de la distribution, de l’exploitation, de la restauration et des services connexes.
La MAI craint que la préférence de Netflix pour des sorties en salles limitées ne réduise considérablement le nombre de films de qualité disponibles pour les cinémas. « Netflix a clairement démontré, par son approche restrictive des sorties en salles, qu’elle ne privilégie pas le modèle de la sortie cinéma en priorité, » précise le communiqué.
Selon Kamal Gianchandani, cette acquisition présente un double risque : « une réduction significative du contenu de qualité pour les cinémas, et la possibilité de raccourcir, voire de supprimer, les fenêtres de diffusion en salles. » Il avertit que cela pourrait entraîner une baisse des revenus, limiter le choix des consommateurs et affaiblir l’ensemble de l’écosystème de la production, de la distribution et de l’exploitation cinématographique en Inde.
L’association insiste sur le fait que cette consolidation à grande échelle « nécessite un examen attentif » et promet de continuer à faire part de ses préoccupations aux autorités de régulation en Inde et à l’étranger. À ce stade, la MAI appelle à une analyse approfondie des conséquences potentielles de cette fusion sur le paysage cinématographique indien.