L’eczéma, une affection cutanée fréquente, est souvent mal comprise et entourée de mythes tenaces. Un quiz permet de tester vos connaissances sur cette maladie qui touche près d’un tiers des enfants et un adulte sur dix.
Contrairement à une idée reçue, l’eczéma n’est pas causé par le stress, explique la Dre Elena Netchiporouk, professeure adjointe à l’Université McGill. « Le stress peut toutefois exacerber les symptômes », précise-t-elle. En période de tension, les démangeaisons peuvent s’intensifier, entraînant un grattage excessif, une inflammation accrue et, par conséquent, un risque plus élevé de poussées.
De même, l’eczéma n’est pas directement lié à l’alimentation. La dermatologue met en garde contre les régimes restrictifs auto-imposés, qui peuvent conduire à une malnutrition, notamment chez les enfants. « Cette fausse croyance peut être très dangereuse », souligne-t-elle, insistant sur la nécessité d’une évaluation allergologique avant toute exclusion alimentaire.
Cependant, l’eczéma peut favoriser le développement d’allergies alimentaires. Chez un nourrisson présentant de l’eczéma autour de la bouche, par exemple, la peau endommagée peut permettre aux allergènes, comme les arachides, de pénétrer et de stimuler le système immunitaire, augmentant ainsi le risque d’allergie. Il est donc recommandé aux parents ayant des antécédents allergiques de bien hydrater la peau de leur bébé pour préserver sa barrière cutanée et réduire le risque d’allergies et d’asthme.
Si une crème hydratante peut suffire pour les formes légères d’eczéma, elle ne constitue pas un traitement suffisant pour les cas modérés ou sévères. « Quand l’eczéma est modéré ou sévère, la crème hydratante est un ajout, un outil de plus, mais ça ne sera pas assez », avertit la Dre Netchiporouk. Des crèmes anti-inflammatoires, avec ou sans cortisone, ou des traitements systémiques peuvent alors être nécessaires. Une bonne hydratation et une hygiène douce de la peau restent toutefois essentielles en prévention.
L’utilisation de crèmes à base de cortisone est généralement sûre, contrairement aux idées reçues. Les dermatologues adaptent la puissance de la crème (de la classe 1 à 7) en fonction de la zone à traiter et prescrivent une durée d’utilisation déterminée pour calmer les poussées. « Chez 99,9 % des gens, dit-elle, les crèmes de cortisone sont complètement sûres si elles sont utilisées comme il faut. »
Il est également important de souligner que l’eczéma n’est pas contagieux. Cette méconnaissance peut entraîner une stigmatisation inutile des personnes atteintes. Enfin, l’eczéma ne disparaît pas toujours avec l’âge. Dans 10 à 30 % des cas, la maladie persiste tout au long de la vie. D’où l’importance d’une prise en charge adéquate, car un eczéma non traité peut augmenter le risque d’allergies alimentaires, d’asthme, de rhume des foins, de surinfections et perturber le sommeil.
« La personne atteinte souffre, et on a tous les outils pour l’aider », conclut la Dre Netchiporouk.
