La NASA a reporté au mercredi 1er juillet 2026 le lancement d’une mission robotique visant à sauver le télescope spatial Neil Gehrels Swift. Le vaisseau LINK, développé par la startup Katalyst Space, doit intercepter l’observatoire pour relever son orbite et l’empêcher de brûler dans l’atmosphère terrestre en raison d’une traînée atmosphérique accrue.
Le report du lancement et la stratégie de récupération
Prévu initialement le mardi 30 juin 2026 à 10h23 GMT depuis un atoll de l’océan Pacifique, le décollage a été annulé en raison de conditions météorologiques défavorables. Selon NASA Science, la prochaine tentative est fixée au mercredi 1er juillet à 9h43 p.m. UTC+12 (5h43 a.m. EDT) depuis l’atoll de Kwajalein, dans les îles Marshall.

Le déploiement utilise une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman. Contrairement aux lancements classiques, le véhicule ne décolle pas d’une rampe, mais est largué depuis un avion. Une fois en orbite, le robot LINK devra localiser Swift dans l’immensité spatiale et s’y agripper à l’aide de trois bras mobiles.
L’objectif est de remorquer le télescope sur une période d’au moins un mois pour l’élever d’environ 300 kilomètres. Selon Inshorts, la manœuvre vise à stabiliser l’orbite de l’observatoire à près de 370 miles (environ 600 km).
Pourquoi le télescope Swift chute-t-il vers la Terre ?
Lancé le 20 novembre 2004 pour une mission initiale de deux ans, le Neil Gehrels Swift Observatory étudie les sursauts gamma. L’astrophysicienne de la NASA, Regina Caputo, décrit ces phénomènes comme "les choses les plus énergétiques qui se produisent dans l'univers", comparant ces explosions à des versions superchargées de supernovas.

Le problème majeur de Swift est l’absence de système de propulsion propre. À une altitude d’environ 600 kilomètres, le satellite subit la traînée de l’atmosphère terrestre. Ce phénomène s’est accéléré récemment : en 2024, le Soleil a atteint son maximum solaire, déclenchant des tempêtes solaires intenses qui ont dilaté l’atmosphère terrestre, augmentant ainsi la friction sur les satellites en orbite basse.
Le calendrier de la chute s’est brutalement accéléré selon les analyses de la NASA, de la NOAA et de l’U.S. Space Force :
- Novembre 2023 : Les prévisions indiquaient une chute soit dans les années 2030, soit dans les deux années suivantes.
- 2024 : Le maximum solaire augmente la traînée atmosphérique.
- Début 2025 : Les données confirment que le télescope approche de la fin de sa vie.
- 2026 : Risque imminent de rentrée atmosphérique sans intervention.
Les capacités techniques du vaisseau LINK
Pour répondre à l’urgence, la NASA a confié un contrat à Katalyst Space en septembre 2025. La startup a conçu LINK, un engin de maintenance spatiale dont les caractéristiques contrastent fortement avec la masse du télescope cible.
| Caractéristique | Neil Gehrels Swift (Cible) | LINK (Sauveteur) |
|---|---|---|
| Masse | Environ 1,5 tonne | Environ 880 livres (400 kg) |
| Taille | Taille complète | Environ 5 pieds (1/3 de Swift) |
| Équipement | Instruments d’observation | 3 propulseurs ioniques, 3 bras robotiques, 20 pieds de panneaux solaires |
L’enjeu est autant technique que financier. Selon TVC News, le coût projeté pour sauver l’appareil est de 30 millions de dollars, alors que le dispositif original avait coûté 250 millions de dollars.
Un nouveau paradigme pour la maintenance spatiale
Cette mission est qualifiée de “long shot” car elle tente de réparer un objet qui n’a jamais été conçu pour être manipulé en orbite. Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique de la NASA, a souligné l’aspect expérimental de l’opération : "C'est beaucoup de premières cosas empilées les unes sur les autres".

Swift n’a pas été conçu pour être entretenu. En démontrant que nous pouvons prolonger sa durée de vie de manière rapide et rentable, nous créons un modèle pour l’entretien d’engins spatiaux qui n’ont jamais été conçus pour une maintenance en orbite.
Si LINK réussit à stabiliser Swift, cela prouverait la viabilité d’un modèle économique et technique où les actifs spatiaux vieillissants ne sont plus abandonnés aux débris ou à la combustion atmosphérique, mais repositionnés. S. Bradley Cenko, chercheur principal de Swift au Goddard Space Flight Center, décrit le télescope comme le "multi-outil de la NASA pour l'étude du cosmos", justifiant ainsi l’effort exceptionnel pour le récupérer.
L’issue de cette mission, dont la phase critique de capture commence après le lancement du 1er juillet, déterminera si la maintenance robotique devient la norme pour prolonger la vie des observatoires spatiaux.
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