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« Ne devenez pas irlandais » – Le chef de la sécurité de l’ONU à Limerick prend sa retraite

Publié le 26 octobre 2024. Après deux décennies passées à assurer la sécurité du siège des Nations unies à New York, Michael Browne, un Irlandais originaire de Limerick, tire sa révérence. Retour sur un parcours improbable, marqué par…

« Ne devenez pas irlandais » – Le chef de la sécurité de l’ONU à Limerick prend sa retraite

Publié le 26 octobre 2024. Après deux décennies passées à assurer la sécurité du siège des Nations unies à New York, Michael Browne, un Irlandais originaire de Limerick, tire sa révérence. Retour sur un parcours improbable, marqué par des incidents diplomatiques et une gestion de crise hors du commun.

  • Michael Browne, chef des services de sûreté et de sécurité de l’ONU, quitte ses fonctions après 20 ans de service.
  • Son travail a consisté à gérer la sécurité lors d’événements majeurs, comme l’Assemblée générale annuelle, et à résoudre des situations délicates impliquant des chefs d’État et des délégations internationales.
  • Il souligne l’évolution des menaces, notamment avec l’essor des cyberattaques et l’utilisation de drones.

Comment un jeune homme de Limerick se retrouve-t-il à la tête de la sécurité de l’Organisation des Nations unies à New York ? Une question à laquelle Michael Browne, avec un sourire, répond :

« C’est une question que je me pose tous les jours. »

Michael Browne, chef des services de sûreté et de sécurité de l’ONU

Alors que le soleil se couche sur l’East River, M. Browne évoque ses deux décennies passées à protéger le complexe de l’ONU. Au cours des dix dernières années, il a dirigé une équipe d’environ 330 personnes, représentant 54 nationalités différentes. Une mosaïque de cultures et de compétences qu’il a su mettre à profit pour assurer la sécurité d’un lieu où se croisent les enjeux géopolitiques les plus sensibles.

Son expérience est jalonnée d’anecdotes révélatrices. Des délégués aux caractères bien trempés aux demandes les plus insolites, il a tout vu. À l’ONU, la sécurité se doit d’être assurée dans le cadre d’une véritable « danse diplomatique ». Il se souvient d’un conseil reçu au début de sa carrière militaire :

« Lorsqu’on est responsable d’une opération ou de diriger des gens, il faut être comme un cygne sur l’eau – il faut être gracieux en haut, et il faut pédaler comme ‘tu sais quoi’ en dessous. »

Michael Browne, chef des services de sûreté et de sécurité de l’ONU

Le parcours de M. Browne est atypique. Intégré à la 53e promotion des cadets de l’Armée irlandaise en 1976, il a ensuite étudié à l’University College de Galway avant d’être déployé au Liban dans le cadre de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), une mission de maintien de la paix.

« C’est là que j’ai eu ma première exposition à cet environnement multinational et cela a très vite résonné en moi. »

Michael Browne, chef des services de sûreté et de sécurité de l’ONU

Après un passage dans le secteur privé au Texas, il a rejoint une autre mission de l’ONU, supervisant les opérations de sécurité en Irak avant de prendre ses fonctions à New York en 2005.

Respecté par ses équipes, M. Browne a su gagner l’affection de ses collègues. Ambrose Gomes, le barista du café du hall, lui lance un : « Vous nous manquez déjà ! » tandis que le capitaine Dorcus Lourien, du Kenya, se souvient avec un sourire de la rigueur de son supérieur :

« Je l’appelais ‘la sorcière’, car il surgissait de nulle part pour me remettre sur les rails. »

Capitaine Dorcus Lourien, officier de sécurité de l’ONU

L’inspecteur Charlene Wilson, de Trinité-et-Tobago, aujourd’hui l’un des trois officiers en uniforme les plus haut gradés de l’ONU, souligne son rôle dans la promotion des femmes au sein de l’organisation.

M. Browne évoque également des moments de tension, notamment lors de l’Assemblée générale annuelle, surnommée la « coupe du monde de la diplomatie ». Il se souvient d’un incident où un chef d’État, dont il ne souhaite pas révéler l’identité, est arrivé avec une équipe de médecins, un chef cuisinier et un dégustateur, tous non accrédités, exigeant qu’ils soient autorisés à entrer pour garantir la sécurité de son déjeuner. Il a dû improviser pour gérer la situation avec diplomatie, tout en veillant à ne pas offenser le chef d’État.

Un autre incident, plus grave, a opposé les agents de sécurité de l’ONU à ceux du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, après que ce dernier ait emprunté une mauvaise direction. Des altercations ont éclaté, faisant deux blessés, dont un hospitalisé.

« C’était très regrettable »,

Michael Browne, chef des services de sûreté et de sécurité de l’ONU

reconnaît M. Browne, tout en soulignant que des leçons ont été tirées de cet incident.

Il se montre plus discret sur l’incident impliquant l’ancien président américain Donald Trump et son épouse Melania, bloqués dans un escalier roulant en panne lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Une enquête interne avait révélé qu’un vidéaste de la délégation américaine avait déclenché l’interrupteur de sécurité, mais la Maison Blanche avait accusé l’ONU de sabotage.

Alors que les États-Unis ont réduit leur financement de l’ONU cette année, entraînant des licenciements et des coupes budgétaires, M. Browne se préoccupe de l’évolution des menaces, notamment avec l’essor des cyberattaques et l’utilisation de drones, comme l’a illustré la récente visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Irlande. Il insiste sur la nécessité d’une approche globale de la sécurité :

« Ce qui se passe dans un pays n’est pas unique à un seul pays, donc je pense vraiment que l’attention des praticiens de la sécurité n’est plus locale, mais mondiale. »

Michael Browne, chef des services de sûreté et de sécurité de l’ONU

En quittant ses fonctions, M. Browne se dit satisfait d’avoir pu rentrer chez lui chaque soir en sachant que rien de grave ne s’était produit. Il rend hommage à ses équipes et à leur travail acharné, soulignant qu’il a eu la chance de travailler avec des personnes exceptionnelles.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.