Publié le 21 octobre 2025 14:03:00. Des organisations sociales dénoncent une initiative de France Travail consistant à orienter les demandeurs d’emploi et les jeunes précaires vers l’armée, une stratégie perçue comme une instrumentalisation du chômage au service d’une politique de guerre.
- France Travail organise régulièrement des forums de recrutement avec l’Armée de Terre, le prochain étant prévu le 23 octobre à la mairie du 15e arrondissement de Paris.
- Des associations, dont le Mouvement des Mères Isolées et la CGT, dénoncent cette pratique, la jugeant inacceptable et dangereuse pour les populations les plus vulnérables.
- Les critiques s’inscrivent dans un contexte de tensions politiques et de préoccupations croissantes concernant une possible implication militaire de la France.
Des forums organisés par France Travail, l’agence publique pour l’emploi, proposent aux jeunes, aux travailleurs précaires et aux chômeurs de rejoindre les rangs de l’armée comme voie d’insertion professionnelle. Cette initiative, qui se tiendra le 23 octobre de 14h à 16h à la mairie du 15e arrondissement de Paris, suscite l’inquiétude et la colère de plusieurs organisations sociales.
Le Mouvement des Mères Isolées, le Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires de la CGT et INSTANTANÉ-CGT dénoncent une méthode qu’ils jugent répressive et une instrumentalisation de la précarité. Ils estiment que le gouvernement, incapable de susciter un large soutien populaire à sa politique, utilise le chômage de masse et les dispositifs d’emploi pour contraindre les plus démunis à s’engager dans des conflits qui ne servent pas leurs intérêts.
Cette critique intervient alors que la loi dite du « plein emploi » impose aux bénéficiaires du RSA une activité de 15 heures hebdomadaires pour maintenir leurs allocations. Les organisations dénoncent une pression accrue sur les plus fragiles, poussés à accepter des solutions d’insertion qui ne répondent pas à leurs besoins fondamentaux.
Selon ces associations, le chef de l’État, confronté à une baisse de popularité, pourrait être tenté de détourner l’attention des problèmes sociaux en brandissant l’idée de la défense nationale et de la guerre. Elles rappellent que l’histoire montre que certains dirigeants, en difficulté, ont eu recours à cette stratégie pour restaurer l’unité nationale et imposer un consensus patriotique.
Les organisations mettent en garde contre les conséquences désastreuses de la guerre, qui touchent toujours en premier lieu les populations les plus pauvres et les plus vulnérables. Elles dénoncent l’exploitation des civils, les déplacements forcés, les destructions de vies et les violences sexuelles qui accompagnent les conflits armés.
Elles soulignent également les intérêts économiques qui se cachent derrière la guerre, notamment l’enrichissement des industriels d’armement et la prospérité de l’industrie militaire française. Elles critiquent la France pour sa participation au génocide en cours à Gaza, en continuant de vendre des armes et de fournir un soutien logistique à Israël.
Les organisations appellent à un retrait immédiat de l’armée de tout lien institutionnel avec France Travail et à la garantie que les politiques d’insertion sociale soient fondées sur des droits et non sur des orientations militaires. Elles demandent également une réorientation des dépenses publiques vers l’éducation, la santé, la justice sociale et la transition environnementale, ainsi qu’un arrêt des exportations d’armes vers les pays en conflit.
Enfin, elles appellent à l’abrogation de la loi « plein emploi », qu’elles jugent responsable de la précarisation des plus vulnérables et de la multiplication de ce type de dérives. Elles invitent les jeunes et les précaires à se mobiliser pour faire front et affirmer que leur avenir n’est pas de mourir pour des guerres qu’ils n’ont pas choisies.
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