Home Technologie et scienceNon, l’objet interstellaire 3I/Atlas n’a pas réveillé le protocole de défense planétaire

Non, l’objet interstellaire 3I/Atlas n’a pas réveillé le protocole de défense planétaire

by Thomas Caron

Publié le 27 octobre 2025 19h47. La comète interstellaire 3I/Atlas, en approche de son point le plus proche du Soleil, suscite à la fois l’enthousiasme des astronomes et des spéculations sur une possible origine artificielle, alimentées par des déclarations controversées.

  • La comète 3I/Atlas atteindra son périhélie le 29 octobre, à environ 200 millions de kilomètres du Soleil, avant de quitter définitivement notre système solaire.
  • Le Réseau international d’alerte aux astéroïdes (IAWN) a lancé une campagne d’observation pour étudier les caractéristiques uniques de cet objet venu d’un autre système stellaire.
  • Le physicien Avi Loeb maintient l’hypothèse que la comète pourrait être un artefact technologique, une idée largement rejetée par la communauté scientifique.

L’approche de la comète interstellaire 3I/Atlas, découverte l’année dernière, est l’occasion pour les astronomes d’étudier un objet provenant d’un autre système planétaire. C’est seulement la troisième comète interstellaire identifiée à ce jour. Son orbite hyperbolique la conduira à effectuer une trajectoire en forme de fer à cheval autour du Soleil avant de s’éloigner à une vitesse moyenne de 220 000 km/h.

La campagne d’observation coordonnée par l’IAWN, qui se déroulera entre le 27 novembre 2025 et le 27 janvier 2026, vise à affiner la connaissance de la trajectoire et de la composition de 3I/Atlas, en particulier de sa queue. L’IAWN organise chaque année de telles campagnes pour tester et améliorer ses capacités de mesure. Le choix de 3I/Atlas pour 2025 s’explique par l’intérêt scientifique exceptionnel qu’elle représente.

Cette observation intensive ne doit cependant pas être interprétée comme une mesure de défense planétaire. La NASA n’a pas activé de protocole de sécurité, bien qu’un plan coordonné par l’ONU existe pour faire face aux menaces potentielles posées par les météores et les astéroïdes. Ce protocole n’est mis en œuvre que si un objet géocroiseur (NEO) présente un risque d’impact supérieur à 1 %. C’était le cas de l’astéroïde 2024 AN4, qui avait brièvement déclenché le protocole de l’ONU en février 2025, avant que des calculs plus précis ne réduisent considérablement le risque à des niveaux négligeables. L’orbite de 3I/Atlas ne présente aucune menace de collision avec la Terre.

Ce qui rend 3I/Atlas particulièrement fascinante, c’est son caractère atypique. Les données collectées jusqu’à présent révèlent une composition chimique inhabituelle, avec la présence de nickel mais une absence de fer, une caractéristique jamais observée sur d’autres comètes. Elle présente également une queue orientée dans le sens opposé au Soleil, ainsi que des signes d’évaporation prématurée, suggérant la présence de substances volatiles autres que l’eau. Ces particularités renforcent l’hypothèse d’une origine interstellaire.

Cependant, l’interprétation de ces anomalies a conduit le physicien théoricien Avi Loeb à formuler une hypothèse controversée. Lors d’une conversation sur YouTube avec l’actrice Mayim Bialik, il a même plaisanté : « Si vous voulez partir en vacances, faites-le avant le 29 octobre, car on ne sait jamais ce qui va se passer ! ». Loeb suggère que 3I/Atlas pourrait être un artefact technologique, voire un vaisseau spatial.

Il a développé une « échelle de Loeb », un système personnel pour évaluer la probabilité qu’un objet interstellaire ait une origine artificielle, attribuant à 3I/Atlas une note de 4 sur 10. Cette échelle n’est reconnue par aucune agence spatiale internationale, ni par la NASA. Selon Loeb, le périhélie de la comète, le 29 octobre, pourrait être le moment où un hypothétique vaisseau spatial effectuerait une manœuvre d’accélération ou de freinage, ou encore déploierait des sondes. Il admet lui-même que la probabilité d’une telle hypothèse est faible, mais il entend poursuivre ses recherches.

Pour l’heure, la communauté scientifique reste prudente et privilégie les explications naturelles pour les caractéristiques inhabituelles de 3I/Atlas. Les observations continues, notamment celles menées par l’IAWN, permettront d’affiner notre compréhension de cet objet interstellaire et de démêler le vrai du fantasme.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.