Près de 150 personnes allèguent avoir subi des agressions sexuelles de la part d’au moins 36 massothérapeutes sur une période de près de 20 ans au Nordik Spa Village de Chelsea, visé par une action collective autorisée par la Cour supérieure du Québec.
La Cour supérieure du Québec autorise l’action collective
L’établissement ne s’est pas opposé à la demande d’autorisation et s’en est remis à la décision du tribunal. Le recours, officialisé le 2 octobre par le juge Enrico Forlini, concerne l’ensemble des clients qui affirment avoir été agressés sexuellement lors d’une séance de massothérapie au spa de l’Outaouais depuis le 2 octobre 2001.
Depuis cette date et jusqu’au 3 juillet 2026, le cabinet Lambert Avocats a reçu des signalements de 143 personnes distinctes affirmant avoir été victimes de gestes similaires de la part de personnel employé par l’entreprise, après la requête initiale déposée en août 2025 par l’instigatrice désignée par les initiales A.B.
Des faits rapportés sur deux décennies et des condamnations passées
La majorité des gestes signalés englobent des actes de voyeurisme et des attouchements non sollicités sur les parties génitales des clients entre 2007 et 2026, selon les documents judiciaires.

Un praticien nommé Maxime Bédard a écopé en octobre 2021 d’une peine de six mois de prison pour des agressions commises sur deux clientes. Par la suite, le service de police de la MRC des Collines-de-l’Outaouais a procédé à l’arrestation d’un autre intervenant en décembre 2022.
Adam Leroux a été reconnu coupable d’agression sexuelle en janvier 2026 pour des faits survenus en 2023, et une poursuite civile individuelle a été intentée contre l’établissement et le massothérapeute Seifalla Naouar en janvier 2025.
Les critiques portées contre la gestion interne
Certaines victimes ayant porté plainte auprès de la direction se sont vu offrir simplement une carte-cadeau en guise de réponse, et des professionnels visés par des signalements auraient pu conserver leur poste au sein des installations, d’après les documents judiciaires.
La demande reproche à la direction du Nordik Spa Village de n’avoir pris aucune mesure adéquate pour prévenir ou faire cesser ces abus malgré la récurrence des signalements, révélant un manquement systémique selon les avocats des requérantes.

Le Nordik Spa Village a rappelé dans une déclaration écrite que l’autorisation de l’action collective ne constitue nullement un jugement sur le fond, qu’elle ferait valoir ses moyens de défense lors des prochaines étapes et qu’elle ne pouvait commenter davantage en raison du processus judiciaire en cours, tout en affirmant que la sécurité et le bien-être de sa clientèle demeurent sa priorité absolue.
Les demandes financières et les propositions de la profession
Le recours vise à obtenir des dommages compensatoires et punitifs, ainsi que le remboursement des montants versés pour les soins de massothérapie.
La Fédération québécoise des massothérapeutes agréés et le Réseau des massothérapeutes professionnels du Québec ont réitéré la nécessité d’instaurer des balises plus strictes, incluant une liste centralisée, des vérifications obligatoires des antécédents judiciaires et un titre réservé permettant de radier un intervenant fautif qui, autrement, peut continuer d’exercer sous l’égide d’une autre association.