Publié le 26 octobre 2024 14:35. L’Irlande risque de dépasser ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, notamment dans les secteurs des transports et de l’électricité, selon une évaluation semestrielle de l’Autorité irlandaise de l’énergie durable (SEAI). Si la rénovation énergétique des logements porte ses fruits, l’augmentation de la consommation d’essence et de kérosène compromet les efforts globaux.
- Le secteur des transports devrait dépasser son objectif d’émissions de 54 mégatonnes d’équivalent CO2 (MtCO2e) d’ici la fin de l’année.
- La demande de gaz naturel pour le chauffage a diminué de 9 %, mais la consommation d’essence a augmenté de 4 %.
- L’Irlande importe de plus en plus d’électricité, atteignant un niveau record de 17,1 % de l’approvisionnement du réseau, mais ces émissions ne sont pas comptabilisées dans le bilan national.
L’évaluation de mi-année du SEAI révèle un tableau contrasté. Les efforts de rénovation énergétique des logements irlandais semblent porter leurs fruits et contribuent à respecter le budget carbone alloué au secteur résidentiel. Cependant, le secteur des transports continue de poser problème. Malgré une légère baisse de la demande de diesel routier (-3,2 %), la consommation d’essence a augmenté de 4 %, et les livraisons de kérosène (Jet Kerosene) ont progressé de 5 % par rapport à la même période l’année précédente.
La demande globale de gaz et de fioul pour le chauffage domestique a diminué au cours des six premiers mois de l’année, avec une baisse notable de 9 % des émissions de gaz naturel. Cette diminution est un signe encourageant, mais elle ne suffit pas à compenser les mauvaises performances du secteur des transports.
Selon les prévisions du SEAI, les émissions du secteur des transports atteindront 57,7 MtCO2e d’ici le 31 décembre, dépassant l’objectif initial de 54 MtCO2e. Cela signifie qu’un excédent de 3,7 MtCO2e devra être prélevé sur le budget carbone alloué à la période 2026-2030.
Le secteur électrique devrait également dépasser son budget carbone, mais dans une moindre mesure, de 0,8 MtCO2eq. Cette situation est en partie due à une forte augmentation des importations d’électricité, qui ont progressé de 21,9 % par rapport aux six premiers mois de 2023. L’électricité importée représente désormais 17,1 % de l’approvisionnement du réseau, un niveau sans précédent. Il est important de noter que les émissions liées à la production de cette électricité importée ne sont pas comptabilisées dans les bilans irlandais.
La production d’énergie renouvelable a connu des variations. La production hydroélectrique a chuté de 42 %, tandis que la production solaire a augmenté de 72 %. La production éolienne est restée stable, avec une augmentation marginale de 0,1 %. Le SEAI ne prend pas en compte l’électricité produite par les particuliers, via des panneaux solaires sur les toits ou des petites éoliennes domestiques, ce qui pourrait modifier le bilan global.
« Nous avons réalisé des progrès au cours des cinq dernières années, notamment en mélangeant des biocarburants pour nos véhicules routiers, en développant les parcs solaires et la production d’énergie éolienne, en améliorant l’énergie domestique et en déployant des véhicules électriques, mais ces chiffres soulignent que nous devons faire beaucoup plus et rapidement pour atteindre nos objectifs. »
Margie McCarthy, directrice de la recherche et des analyses politiques de SEAI
L’Irlande est engagée dans une première période quinquennale de budget carbone, qui se terminera le 31 décembre. Ces résultats de mi-année mettent en évidence la nécessité d’accélérer les efforts de réduction des émissions dans tous les secteurs, en particulier dans les transports, afin d’atteindre les objectifs climatiques fixés.
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