Publié le 14 janvier 2026. L’Indonésie peine à atteindre ses objectifs de croissance économique, malgré des initiatives gouvernementales ambitieuses. Une réévaluation des stratégies et un recentrage sur l’attraction des investissements privés s’avèrent nécessaires pour relancer la dynamique économique du pays.
- La croissance économique de l’Indonésie est loin des 8 % annoncés pour fin 2025.
- Le gouvernement indonésien semble privilégier une approche interventionniste via le fonds d’actifs public Danantara, au détriment de l’investissement privé.
- Des réformes réglementaires et une amélioration du climat des affaires sont cruciales pour atteindre les objectifs du Plan National de Développement à Moyen Terme (RPJMN) 2025-2029.
Les ambitions de croissance affichées par l’administration Prabowo Subianto se heurtent à une réalité économique plus complexe. Au début de l’année dernière, Hashim Djojohadikusumo, principal conseiller présidentiel et frère du président, exprimait sa conviction que l’Indonésie atteindrait au moins 8 % de croissance annuelle au quatrième trimestre 2025, grâce aux programmes gouvernementaux axés sur l’alimentation et le logement. Les chiffres officiels, une fois publiés, devraient s’avérer bien inférieurs à cette prévision optimiste.
L’administration actuelle semble avoir surestimé sa capacité à stimuler l’activité économique uniquement par le biais de ces programmes sociaux. Si ces initiatives peuvent avoir un effet multiplicateur, elles ne peuvent en aucun cas remplacer l’investissement privé, moteur essentiel de la croissance à long terme. L’analyse de la politique économique menée en 2025, première année complète sous la direction de Prabowo Subianto, révèle une tendance à considérer l’État comme un acteur commercial direct plutôt que comme un catalyseur des affaires.
Le fonds d’actifs public Danantara est devenu l’instrument privilégié pour répondre à divers défis socio-économiques, de la gestion des déchets à la lutte contre la malnutrition, en passant par la pénurie de logements et la modernisation des industries pétrochimiques. Plutôt que de se concentrer sur la création d’un environnement favorable à l’investissement privé, le gouvernement a souvent recours à des investissements directs et à la création de groupes de travail spécialisés. Or, les ressources de l’État sont limitées et de nombreux besoins de développement représentent des opportunités d’investissement pour le secteur privé, à condition que des ajustements réglementaires appropriés soient mis en place.
L’intervention de Danantara dans des secteurs prometteurs pourrait, au contraire, décourager l’engagement du secteur privé. Bien que le gouvernement insiste sur son ouverture aux partenariats public-privé, de nombreux chefs d’entreprise pourraient préférer conserver le contrôle total de leurs projets. Cette situation a contribué à un niveau d’investissement inférieur aux objectifs fixés dans le RPJMN 2025-2029. Le dernier rapport officiel sur les investissements du troisième trimestre de l’année dernière a d’ailleurs fait état d’une baisse des investissements directs étrangers (IDE), pour le deuxième trimestre consécutif.
Sans une augmentation significative des investissements, l’économie indonésienne risque de s’éloigner de la trajectoire de croissance prévue par le RPJMN, qui prévoit une progression du produit intérieur brut de 5,3 % en 2025 à 8 % en 2029. L’année 2025, marquée par des tensions commerciales mondiales et une montée du protectionnisme, n’a pas facilité la tâche. Néanmoins, ce contexte souligne d’autant plus la nécessité de redoubler d’efforts pour attirer les investissements, tant nationaux qu’étrangers.
En rétrospective, les seuls objectifs économiques poursuivis avec détermination en 2025 semblent être les programmes de repas nutritifs gratuits et de construction de 3 millions de logements, ainsi que le développement de Danantara. Le premier a progressé, malgré des problèmes d’hygiène signalés, le second a pris du retard et les objectifs du troisième restent flous pour beaucoup. Ces programmes, bien que louables, ne doivent pas occulter la nécessité d’améliorer le climat global des investissements.
L’Indonésie n’a pas besoin de simples vœux pieux, mais d’un plan concret pour atteindre une croissance de 6,3 % en 2026 et de 7,5 % en 2027. Des efforts doivent être concentrés sur la simplification des procédures commerciales et des licences, la réduction des coûts logistiques, la sécurisation de l’approvisionnement en énergie propre et le développement de zones industrielles, en luttant notamment contre l’extorsion et le harcèlement. C’est en s’attaquant à ces fondamentaux que l’Indonésie pourra espérer une croissance économique durable et robuste.
