Publié le 18 janvier 2026 à 22h55. Une panne de courant majeure a paralysé le réseau ferroviaire de Tokyo, affectant près de 700 000 voyageurs et remettant en question la réputation de fiabilité des chemins de fer japonais, alors que JR East prévoit des réductions de coûts significatives.
- Une panne de courant sur les lignes Yamanote et Keihin-Tohoku a interrompu le service pendant plus de huit heures, touchant des centaines de milliers de passagers.
- L’incident intervient alors que JR East ambitionne de réduire ses coûts d’exploitation de 100 milliards de yens (632,5 millions de dollars) d’ici 2027.
- Des experts s’inquiètent des conséquences potentielles de ces réductions de coûts sur la sécurité et la fiabilité du réseau ferroviaire.
La fiabilité légendaire des chemins de fer japonais, pilier du transport public au Japon et dans de nombreux pays, est soudainement remise en question. Si les trains restent un moyen efficace et sûr de transporter un grand nombre de passagers, l’incident survenu le 16 janvier à Tokyo a révélé une vulnérabilité inattendue.
La panne de courant a débuté vers 4h30 du matin et a affecté les lignes Yamanote et Keihin-Tohoku, deux artères vitales du réseau de transport de la capitale. Le service a été complètement suspendu pendant plus de huit heures, perturbant les trajets de près de 670 000 navetteurs et étudiants. La ligne Keihin-Tohoku a repris ses opérations à 7h22, mais une nouvelle coupure de courant 26 minutes plus tard a bloqué deux trains supplémentaires. Les lignes Keihin Kyuko et les métros ont dû modifier leurs itinéraires, entraînant une congestion extrême, notamment à la gare de Shinagawa, point de convergence de nombreuses lignes.

Le ministre des Transports, Yasushi Kaneko, a insisté sur la nécessité d’une enquête approfondie et de mesures correctives.
« L’entreprise concernée doit prendre conscience que les transports en commun sont essentiels et prendre toutes les mesures possibles pour garantir un transport ferroviaire sûr et stable. »
Yasushi Kaneko, ministre des Territoires, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme
Cette demande fait écho aux inquiétudes croissantes concernant les plans de JR East de réduire ses coûts d’exploitation de 100 milliards de yens (632,5 millions de dollars) d’ici l’exercice 2027. Pour atteindre cet objectif, la compagnie a introduit des trains à opérateur unique sur la ligne Nambu et d’autres lignes en mars 2025. Cependant, cette mesure a déjà entraîné une augmentation significative des retards, en particulier aux heures de pointe. JR East prévoit d’étendre progressivement ce système aux lignes Yokohama, Keihin-Tohoku et Chuo-Sobu, des lignes de banlieue très fréquentées. Si les retards se multiplient, cela pourrait éroder la confiance des passagers.
Parallèlement, JR East s’apprête à mettre en œuvre sa première augmentation tarifaire majeure depuis sa privatisation en 1987 (hors augmentations liées aux taxes sur la consommation). Les revenus générés par cette augmentation devraient être consacrés à l’amélioration de la sécurité et de la ponctualité du service, une promesse essentielle pour maintenir la confiance des usagers.
Au-delà des réductions de coûts, des incidents antérieurs soulignent une tendance préoccupante. En septembre 2024, un attelage s’est détaché d’un train à grande vitesse en circulation sur le Tohoku Shinkansen. Ces événements successifs mettent en évidence un risque croissant d’accident majeur si l’exploitation ferroviaire de base est négligée.
Il est crucial que les dirigeants de toutes les compagnies ferroviaires se souviennent que la priorité absolue doit rester l’exploitation ferroviaire elle-même. Négliger cet aspect fondamental pourrait entraîner une perte de confiance non seulement des passagers, mais aussi des actionnaires.
(Lire l’éditorial en japonais.)
Auteur: Comité de rédaction, Le Sankei Shibun
