Nouveau vaccin Lassa : essai phase 1 montre résultats prometteurs
Le 6 novembre 2025, les résultats d'un essai clinique de phase 1 ont révélé que le candidat-vaccin rVSVΔG-LASV-GPC d'IAVI est sûr et induit une réponse immunitaire durable. Ce vaccin à dose unique, soutenu par la CEPI, cible la…
Le 6 novembre 2025, les résultats d’un essai clinique de phase 1 ont révélé que le candidat-vaccin rVSVΔG-LASV-GPC d’IAVI est sûr et induit une réponse immunitaire durable. Ce vaccin à dose unique, soutenu par la CEPI, cible la fièvre de Lassa, une maladie hémorragique mortelle qui menace des millions de personnes en Afrique de l’Ouest.
Des résultats de phase 1 encourageants pour le vaccin IAVI
L’annonce des résultats publiés dans le New England Journal of Medicine marque une étape cruciale dans la lutte contre les maladies émergentes. L’étude, qui a porté sur 114 volontaires répartis entre les États-Unis et le Liberia, démontre qu’une seule dose du candidat-vaccin rVSVΔG-LASV-GPC déclenche une réponse immunitaire à la fois humorale et cellulaire.
Les chercheurs ont suivi les participants pendant 12 mois après la vaccination. Les données indiquent que les anticorps induits par le vaccin sont capables de réagir de manière croisée avec d’autres lignées du virus Lassa circulant en Afrique de l’Ouest. Cette caractéristique suggère qu’une protection étendue pourrait être possible avec une dose unique.
Aucun événement indésirable grave lié au vaccin n’a été signalé. De plus, l’étude n’a rapporté aucun cas de perte d’audition, un symptôme pourtant fréquent chez les patients infectés par le virus.
« Ces résultats encourageants s’ajoutent à un corpus croissant de preuves démontrant la sécurité et l’immunogénicité du candidat-vaccin contre la fièvre de Lassa à dose unique d’IAVI, et renforcent la position d’IAVI et de notre réseau de partenaires en tant que force de premier plan dans le développement d’un vaccin pour prévenir les futures épidémies de Lassa. »
Photo: dzif.de
Swati Gupta, Vice-présidente et responsable des maladies infectieuses émergentes et de l’épidémiologie chez IAVI
Une technologie inspirée de la lutte contre Ebola
Le succès potentiel de ce projet repose sur une base technologique déjà éprouvée. Le candidat-vaccin utilise la même plateforme de virus de la stomatite vésiculaire (VSV) que le vaccin Merck contre Ebola, l’ERVEBO. Cette approche a permis de passer rapidement de la recherche préclinique aux essais humains.
Le projet est soutenu par la CEPI, une organisation qui finance le développement de vaccins contre les menaces pandémiques. Grâce à ce soutien, un essai de phase 2 a déjà commencé au Nigeria, en Sierra Leone et au Ghana. Ce déploiement transforme le candidat rVSVΔG-LASV-GPC en l’option vaccinale la plus avancée actuellement testée contre cette pathologie.
« Les données prometteuses de la phase 1 pour le candidat-vaccin d’IAVI nous rapprochent d’un vaccin contre la fièvre de Lassa indispensable qui, s’il réussit, pourrait sauver des milliers de vies et éviter des millions de dollars de coûts sociétaux dans les pays d’Afrique de l’Ouest qui supportent le fardeau de cette maladie. »
Photo: cepi.net
Dr Kent Kester, Directeur de la R&D vaccinale à la CEPI
Le favipiravir : une alternative aux traitements obsolètes
En parallèle de la recherche vaccinale, la gestion thérapeutique de la maladie connaît un tournant. Pendant des décennies, la ribavirine a été le traitement standard, mais son efficacité réelle reste incertaine.
Des chercheurs du BNITM et de l’UKE ont mené le premier essai clinique randomisé avec le nouveau candidat-médicament favipiravir. Cette étude, réalisée dans des centres de référence au Nigeria, notamment à l’Irrua Specialist Teaching Hospital, vise à fournir des preuves cliniques rigoureuses pour remplacer des protocoles basés sur des données des années 1980.
« Il existe un besoin urgent de nouveaux médicaments à l’efficacité prouvée pour la fièvre de Lassa. Nos connaissances sur la ribavirine sont limitées et reposent principalement sur des rapports anciens datant des années 1980. De plus, le mécanisme d’action de la ribavirine dans la fièvre de Lassa n’est pas clair. »
Vaccin de Moderna: Phase finale de l'essai clinique
Dr Mirjam Groger, chef de groupe de laboratoire au BNITM
L’ampleur de la menace épidémique en Afrique de l’Ouest
Photo: iavi.org
La fièvre de Lassa demeure une menace sanitaire mondiale persistante. Transmise principalement par des rongeurs, la maladie provoque chaque année entre 100 000 et 300 000 cas. Si de nombreux cas sont légers, la forme sévère peut entraîner des hémorragies internes et des défaillances d’organes.
Les statistiques soulignent la gravité de la situation pour les patients hospitalisés :
Taux de mortalité hospitalière : environ 20 %.
Nombre de décès annuels estimés : jusqu’à 5 000.
Risque futur : jusqu’à 600 millions de personnes pourraient être exposées d’ici 2050 en raison du changement climatique et des migrations.
L’évolution des interactions entre l’homme et l’animal, accentuée par les modifications climatiques, pourrait étendre l’aire de répartition du virus bien au-delà de ses foyers actuels. Les avancées actuelles, tant sur le plan vaccinal que thérapeutique, sont donc essentielles pour renforcer la préparation aux pandémies dans la région.
Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute question relative à une pathologie ou un traitement, consultez un professionnel de santé qualifié.
Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.