Publié le 9 janvier 2024 11h42. Le nouveau film Nuremberg revisite les célèbres procès de 1945-1946 à travers un angle inédit : les séances de psychothérapie entre le psychiatre américain Douglas Kelley et le haut dignitaire nazi Hermann Göring, offrant une plongée troublante dans l’esprit des criminels de guerre.
- Russell Crowe livre une performance saisissante dans le rôle d’Hermann Göring.
- Le film s’appuie sur le livre Le nazi et le psychiatre de Jack El-Hai.
- Nuremberg est disponible sur Sky Cinema.
Le réalisateur James Vanderbilt propose une reconstitution captivante des procès de Nuremberg, non pas en se concentrant sur les plaidoiries et les témoignages, mais sur l’intime relation qui s’est nouée entre le lieutenant-colonel Douglas Kelley (interprété par Rami Malek), psychiatre en chef de la prison, et Hermann Göring, bras droit d’Hitler. S’inspirant du livre de Jack El-Hai, Le nazi et le psychiatre, le film explore les motivations et la psychologie complexe de l’un des principaux responsables du régime nazi.
Contrairement au film classique de Stanley Kramer, Jugement à Nuremberg (1961), qui se focalisait sur les juristes et avocats allemands, le nouveau long-métrage de Vanderbilt vient compléter cette œuvre marquante en offrant une perspective différente sur les événements. Les images d’archives de l’Holocauste, utilisées de manière poignante par Kramer, sont également intégrées au film, soulignant l’horreur des crimes commis.
Michael Shannon incarne avec justesse Robert H. Jackson, juge associé de la Cour suprême des États-Unis et principal procureur lors du procès, tandis que Richard E. Grant campe David Maxwell Fyfe, le procureur général britannique. Le film met en lumière les défis auxquels ont été confrontés ces hommes de loi dans leur quête de justice.
Si la première partie du film, qui présente la relation entre Kelley et Göring, pourrait gagner en concision – certaines scènes avec une journaliste semblent superflues – la performance de Russell Crowe en tant que Göring compense largement ces longueurs. La seconde partie, plus rythmée, permet de comparer les faits présentés à l’écran avec les événements historiques, et la fidélité aux sources est remarquable.
Nuremberg se conclut sur une citation du philosophe anglais R.G. Collingwood :
« Le seul indice de ce que l’homme peut faire est ce qu’il a fait. »
R.G. Collingwood, philosophe
. Cette phrase résonne particulièrement fort à la lumière des atrocités commises par le régime nazi et souligne l’importance de la mémoire pour les générations futures.
Le film est désormais disponible sur Sky Cinema.

