Publié le 5 décembre 2023 09:05:00. La directrice financière de Nvidia, Colette Kress, estime que le marché de l’intelligence artificielle est loin d’être saturé et anticipe un besoin massif de mises à niveau d’infrastructures d’ici la fin de la décennie, avec un investissement potentiel de 4 000 milliards de dollars (environ 3 680 milliards d’euros).
- Nvidia réfute l’idée d’une bulle spéculative dans le secteur de l’IA, soulignant la nécessité d’une transition vers des systèmes informatiques accélérés.
- L’entreprise prévoit que la moitié des 4 000 milliards de dollars d’investissements prévus d’ici 2030 seront consacrés à la transition des processeurs classiques vers des accélérateurs d’IA basés sur des GPU (processeurs graphiques).
- Nvidia ne considère pas les accélérateurs à usage unique (ASIC) comme une menace, misant sur la polyvalence de sa propre offre matérielle et logicielle.
Selon Colette Kress, le marché de l’intelligence artificielle est en pleine mutation. Si l’idée d’une bulle est débattue, Nvidia observe une évolution profonde des besoins en matière de puissance de calcul. Elle explique que les centres de données fonctionnent depuis des années sur des processeurs classiques, mais que ces derniers atteignent leurs limites face aux exigences croissantes des charges de travail modernes.
« Nous voyons 2 à 3 transitions significatives différentes sur le marché », a déclaré la directrice financière. « N’oublions pas la nécessité de passer à l’informatique accélérée pour la plupart des charges de travail, car la plupart des charges de travail des centres de données fonctionnent sur des processeurs depuis des années. Cependant, nous nous concentrons sur le passage aux GPU. Ceci est nécessaire car les options d’utilisation du processeur ont disparu et il n’y a aucune place à l’amélioration. »
Cette transition vers des GPU, selon Nvidia, nécessitera un investissement colossal. L’entreprise estime qu’entre 3 000 et 4 000 milliards de dollars (environ 2 760 à 3 680 milliards d’euros) seront investis dans la transformation de l’infrastructure des centres de données d’ici la fin de la décennie, et que la moitié de ce montant sera allouée à la transition des CPU (Central Processing Units – unités centrales de traitement) vers les GPU.
Nvidia se positionne également face à la concurrence des ASIC, des accélérateurs conçus pour des tâches spécifiques. Colette Kress estime que l’offre complète de Nvidia, comprenant sept types de puces différents ainsi qu’une plateforme logicielle intégrée, constitue un avantage concurrentiel majeur. Elle souligne que les ASIC, bien que performants pour des applications ciblées, manquent de flexibilité et nécessitent souvent le recours à des processeurs ou d’autres accélérateurs pour des tâches complémentaires.
Enfin, Nvidia a confirmé que les préparatifs pour le lancement de ses accélérateurs d’IA Véra Rubin se déroulent comme prévu, avec une sortie attendue au second semestre de 2024.
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