Publié le 24 février 2024 18:35:00. Nvidia serait sur le point de réaliser la plus importante acquisition de son histoire en rachetant Groq, une entreprise américaine spécialisée dans les puces d’intelligence artificielle, pour environ 20 milliards de dollars, renforçant ainsi sa position dominante sur le marché.
- Nvidia aurait conclu un accord pour acquérir Groq pour environ 20 milliards de dollars en numéraire.
- L’opération ne comprend pas les activités cloud de Groq, qui continueront à fonctionner de manière indépendante.
- Groq a été fondée par d’anciens ingénieurs de Google ayant participé au développement de la TPU (Tensor Processing Unit).
Selon des informations rapportées par CNBC, basées sur des sources proches de la transaction, les négociations entre Nvidia et Groq se sont achevées rapidement. Cette acquisition intervient après un récent tour de financement de 750 millions de dollars (690 millions d’euros) pour Groq, qui valorisait l’entreprise à environ 6,9 milliards de dollars (6,4 milliards d’euros). Disruptive, un fonds d’investissement ayant mené le dernier cycle de financement de Groq en septembre dernier, a investi plus de 500 millions de dollars (465 millions d’euros) dans l’entreprise depuis sa création en 2016. Parmi les investisseurs ayant participé à ce dernier tour de table figurent des acteurs majeurs tels que BlackRock, Neuberger Berman, Samsung, Cisco, Altimeter et 1789 Capital.
L’accord porte sur les principaux actifs de Groq, mais exclut ses services cloud en développement. Groq, dont les fondateurs ont joué un rôle clé dans la création de la TPU de Google, se concentre sur la conception d’accélérateurs d’intelligence artificielle haute performance. Cette acquisition pourrait donc permettre à Nvidia d’intégrer une expertise pointue dans le domaine des processeurs spécialisés pour l’IA.
Si elle se concrétise, cette opération dépasserait l’acquisition de Mellanox en 2019, pour un montant d’environ 7 milliards de dollars (6,5 milliards d’euros), et deviendrait la plus importante de l’histoire de Nvidia. Fin octobre dernier, Nvidia disposait d’une trésorerie et d’investissements à court terme totalisant 60,6 milliards de dollars (56,4 milliards d’euros), contre 13,3 milliards de dollars (12,4 milliards d’euros) début 2023, lui permettant de financer cette acquisition ambitieuse.
Dans un message adressé à ses employés, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a souligné que cette acquisition permettrait d’élargir les capacités de l’entreprise. Il a précisé que les processeurs à faible latence de Groq seraient intégrés à l’architecture « AI Factory » de Nvidia, afin de répondre à un éventail plus large d’applications d’inférence d’intelligence artificielle et de charges de travail en temps réel. Huang a également insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une acquisition de talents et de propriété intellectuelle, plutôt que d’une acquisition de l’entreprise dans son ensemble.
Nvidia avait déjà manifesté son intérêt pour l’acquisition de technologies et de compétences dans le domaine de l’IA en septembre dernier, en acquérant Rochan Sankar, PDG de la startup Enfabrica, et certains de ses employés, pour plus de 900 millions de dollars (835 millions d’euros). D’autres géants technologiques, tels que Meta, Google et Microsoft, ont également investi massivement dans l’intelligence artificielle ces dernières années, par le biais d’accords de licence et de transferts de talents similaires.
Groq prévoyait un chiffre d’affaires de 500 millions de dollars (465 millions d’euros) pour l’année en cours, grâce à la forte demande pour ses puces accélératrices d’intelligence artificielle, qui optimisent les processus d’inférence dans les grands modèles de langage. Selon Alex Davis, PDG de Disruptive, Groq n’était pas activement à la recherche d’un acquéreur avant d’être contactée par Nvidia.
Par ailleurs, Groq a annoncé mercredi la signature d’un « accord de licence non exclusif pour la technologie d’inférence de Groq » avec Nvidia, sans toutefois divulguer les détails financiers de cet accord. Jonathan Ross, fondateur et PDG de Groq, ainsi que Sunny Madra, président de l’entreprise, et d’autres cadres supérieurs rejoindront Nvidia pour continuer à développer et à faire évoluer cette technologie sous licence. Groq a également précisé qu’elle continuerait à fonctionner en tant qu’entreprise indépendante, sous la direction de son directeur financier, Simon Edwards.
La directrice financière de Nvidia, Colette Kress, n’a pas souhaité commenter l’accord. Cerebras Systems, une autre startup de puces spécialisée dans l’IA, a quant à elle retiré son projet d’introduction en bourse cette année, mais a annoncé son intention de se relancer sur le marché dans un avenir proche.