Home MondeOrmuz : Trump s’apprête à trancher sur l’accord de réouverture

Ormuz : Trump s’apprête à trancher sur l’accord de réouverture

by Clara Dubois
Les confusions présidentielles et la menace contre Oman
Donald Trump a menacé le 27 mai de « pulvériser » le sultanat d’Oman, un allié stratégique des États-Unis, lors d’un conseil des ministres à la Maison Blanche. Cette déclaration, marquée par des confusions géographiques et diplomatiques, intervient alors que les tensions s’intensifient autour du contrôle du détroit d’Ormuz et du rôle de médiateur de Mascate.

Les confusions présidentielles et la menace contre Oman

L’annonce a frappé les observateurs de court. Mercredi 27 mai, lors d’une réunion ministérielle retransmise à la télévision, le président américain a lancé un avertissement brutal à l’égard d’un partenaire historique.

Oman se comportera comme les autres ou alors il faudra les pulvériser. Ils le savent.
Donald Trump, via BFM

Le trouble persiste quant à la cible réelle de ces propos. Selon BFM, il est possible que le président ait confondu Oman avec l’Iran. Cette hypothèse est renforcée par le fait que, durant la même intervention, Donald Trump a également confondu l’Iran et le Venezuela. Le milliardaire de 79 ans a notamment affirmé que l’économie américaine prospérait malgré le conflit avec le Venezuela, ajoutant que ce dernier n’a plus de marine, qui n’a plus d’armée de l’air — une description qu’il utilise habituellement pour qualifier l’Iran.

Pourtant, le département d’État a republié ces menaces telles quelles sur X. Interrogé sur l’éventualité d’un contrôle du détroit d’Ormuz par Oman et l’Iran, Trump a rejeté ce scénario, promettant que ces eaux internationales resteraient ouvertes à tout le monde.

Escalade des sanctions et volatilité pétrolière

Escalade des sanctions et volatilité pétrolière
cluster (priority): RFI

Le climat diplomatique s’est further dégradé le jeudi 28 mai. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a franchi un palier en menaçant de viser agressivement Oman avec des sanctions si le sultanat aidait Téhéran à instaurer un péage dans le détroit d’Ormuz.

Cette escalade survient dans un contexte de signaux contradictoires. Comme le rapporte Zonebourse, la télévision d’État iranienne a récemment évoqué l’existence d’un protocole d’accord de paix provisoire. Ce texte permettrait de normaliser le trafic maritime sous le contrôle conjoint de Téhéran et d’Oman dans un délai d’un mois. Les États-Unis ont rapidement démenti l’existence d’un tel accord, et de nouvelles escarmouches ont suivi, relançant la tension régionale.

L’instabilité se lit directement sur les cours du brut. Le Brent a connu des fluctuations brutales :

  • Une chute de 6,5 % mardi après les rumeurs d’accord iranien.
  • Un rebond de 3 % dès le lendemain suite aux démentis américains et aux nouvelles tensions.
  • Détérioration des relations bilatérales et griefs sécuritaires

    Europe Today : Trump recule encore sur l'Iran, le détroit d’Ormuz s'apprête à rouvrir

    Pour Oman, ces sorties ne sont pas perçues comme de simples lapsus. Le sentiment d’une forme de trahison s’installe au sein du sultanat, qui a longtemps servi de pont discret entre Washington et Téhéran.

    L’analyse de Laurent Bonnefoy, chercheur au CNRS et au CERI-Sciences PO, citée par RFI, souligne que la rupture est aussi culturelle. Donald Trump aurait qualifié le sultan Haytham de lèche-cul après que Mascate a félicité l’État iranien lors de la nomination du nouveau Guide suprême. Dans une culture où la bienséance et le respect du souverain sont fondamentaux, de tels propos sont jugés extrêmement choquants.

    Au-delà de la forme, des griefs stratégiques profonds alimentent l’agressivité américaine. Les États-Unis soupçonnent Oman de servir de transit pour du matériel destiné aux Houthis, notamment pour la construction de drones et de missiles ayant ciblé la mer Rouge et Israël depuis fin 2023. De plus, le porte-parole et le médiateur houthiste résident actuellement à Mascate, renforçant la méfiance de Washington.

    Répercussions économiques et calendrier monétaire

    Répercussions économiques et calendrier monétaire
    cluster (priority): Zonebourse

    L’incertitude dans le Golfe ne se limite pas à la diplomatie ; elle pèse sur la mécanique financière mondiale. Avec un prix du pétrole nettement plus élevé qu’il y a six mois, le risque d’un effet macroéconomique majeur augmente, exacerbant l’inflation déjà préoccupante aux États-Unis.

    Les autorités monétaires sont désormais sous pression alors que s’approchent des réunions cruciales. Un déblocage à Ormuz serait un signal fort pour les banquiers centraux avant leurs prochaines décisions :

    Institution Date de décision BCE 11 juin Banques du Japon et d’Australie 16 juin Réserve fédérale (Fed) 17 juin Banque d’Angleterre 18 juin

    L’attention se porte désormais sur la publication de l’inflation PCE d’avril, attendue ce vendredi 29 mai à 14h30. Entre les menaces de « pulvérisation » et les rumeurs de protocoles de paix, la région navigue dans une instabilité où, comme le souligne une analyse de Zonebourse, faire un pas en avant et deux pas en arrière risque avant tout de faire reculer la stabilité régionale.

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