La Fashion Week de Paris printemps-été 2027 s’est achevée le 6 octobre, après neuf jours de présentations et de défilés. Si les podiums ont confirmé des tendances comme le sportswear chic et les jeux de transparence, plusieurs maisons, dont Issey Miyake, Anrealage et Pierre Cardin, ont marqué l’édition par des dispositifs hybrides mêlant défilés et expositions.
Un calendrier entre podiums et formats ouverts
La semaine parisienne a maintenu son rythme soutenu, avec une centaine de griffes inscrites au calendrier officiel du 28 septembre au 6 octobre. Si le défilé traditionnel reste la norme, la programmation a illustré une évolution vers des formats plus flexibles. Le vendredi 2 octobre a été particulièrement dense, avec 13 rendez-vous enchaînant shows minutés et présentations ouvertes, comme celles d’Undercover et Marine Serre. Ces formats longs permettent aux professionnels de circuler à leur propre rythme, sans contrainte horaire stricte.
Chez Léonard Paris, les silhouettes ont été installées dans les salons du 31 rue Jean-Giraudoux, permettant aux visiteurs de découvrir des imprimés évoquant un été à Rio de Janeiro. De son côté, Maîtrepierre, bien que non doté d’une boutique en propre, confirme une distribution internationale via des enseignes comme les Galeries Lafayette et le Printemps. La maison a réalisé un chiffre d’affaires de 7,7 millions d’euros en 2025, soulignant une activité largement tournée vers l’international.
L’exploration du mouvement chez Issey Miyake, Anrealage et Pierre Cardin
La maison Issey Miyake a exploré la notion de « Ma », cet espace d’entre-deux. La collection a été marquée par des séries comme « Fluiglyph », évoquant la fluidité de l’eau, et « Balloon Twist », une silhouette organique capturant l’air. Anrealage a également proposé une rétrospective intitulée « Just An Real Age », sous le commissariat de Sarah Andelman, célébrant 25 collections. Kunihiko Morinaga, fidèle à son mantra « Dieu est dans les détails », a exploré des surfaces extérieures sans cesse réécrites.
Tendances et partis pris créatifs
La saison a été marquée par cinq tendances majeures : la légèreté transparente, le retour des corsets, les plumes et oiseaux, le sportswear chic et une palette terreuse. La structure revient en force chez Chanel, où des jupons de tulle se portent sur des corsets modernisés, côtoyant une lingerie en jersey aux baleines apparentes. Dans ce climat économique jugé tendu par les observateurs, la mode cherche à proposer des pièces alliant sophistication et confort, comme les gants en tulle rouge chez Vivienne Westwood ou la veste à épaulettes signature d’Isabel Marant.
Le sportswear est devenu un moteur créatif pour de nombreux labels :

- Miu Miu : La maison a transformé le Palais d’Iéna en gymnase, associant brassières ornées, joggings retravaillés et silhouettes inspirées des années 1960. Le casting comprenait notamment Emma Corrin et Olivia Colman.
- Louis Vuitton : Nicolas Ghesquière a intégré des vestes d’aviateur ornées du monogramme et des mocassins, tout en réduisant la taille de ses sacs iconiques pour cibler une clientèle plus jeune.
- Marine Serre : La créatrice a présenté « The Deep Shine », une collection en trois chapitres allant du style « outerwear » champêtre à des pièces plus colorées, agrémentées de chaussures à talons et semelles de caoutchouc, clin d’œil à l’identité sportive de la marque.
L’audace au Palais de Tokyo et atmosphères de défilés
En utilisant des ingrédients familiers depuis vingt ans, il parvient à laisser ses invités pantois par la mise en scène de sa collection. L’événement a attiré un public nombreux, parfois semoncé par la police aux abords des Tuileries, signe de l’effervescence entourant ces « fashion » bloquant la circulation.
La Fashion Week a aussi été le théâtre de collaborations remarquées. Chez Loewe, Christa Bösch et Cosima Gadient ont fait glisser leur collection « Moisturizer » vers une allure urbaine, célébrant lors d’un dîner intimiste un « sac-bijou » en présence de Sofía Vergara. Chez Givenchy, Sarah Burton a proposé des gants à franges, tandis que Balenciaga a utilisé le Tennis Club de Paris pour présenter ses pièces, entourant la sculpture « Les Coraux de la Liberté » d’Aude Franjou.
Alors que la semaine s’achève, les regards se tournent vers l’avenir, avec des maisons comme Schiaparelli, Valentino et Hermès confirmant leur présence pour les prochaines saisons. Cette édition, riche en contrastes, a montré une industrie cherchant l’équilibre entre héritage, expérimentation technologique et adaptation aux réalités économiques actuelles.