Alors que des allégations de plagiat et d’intelligence artificielle frappent le roman C’était ça ou mourir de l’écrivain Thélyson Orélien, l’ouvrage maintient de solides résultats de vente au Québec et domine les palmarès en France.
Le public boude à peine les librairies
La polémique qui entoure l’ouvrage n’a pas freiné l’intérêt du public depuis que les accusations ont éclaté le 21 septembre. Au Québec, malgré un ralentissement durant la semaine du 28 septembre au 4 octobre, les chiffres démontrent que les lecteurs continuent de se procurer le livre.
Dans les librairies indépendantes québécoises, le roman accuse un recul de 9,8 %, ce qui le place au deuxième rang des ventes derrière Nishim de Michel Jean. Sur l’ensemble du marché, l’ouvrage se classe au sixième échelon en raison d’une diminution globale de 14 % de ses ventes, selon les données compilées par Gaspard. La semaine du lancement de la controverse, du 21 au 27 septembre, avait plutôt marqué une hausse des achats.
La France consacre le livre au sommet
De l’autre côté de l’océan, la dynamique prend une ampleur considérable. Le livre s’impose comme le titre le plus vendu de la rentrée littéraire hexagonale. Les statistiques de l’institut GfK, relayées par le quotidien Le Parisien, attribuent à l’œuvre un total de 82 727 exemplaires vendus.

Ce chiffre place l’ouvrage devant plusieurs publications d’auteurs reconnus :
- Adolescence du perroquet d’Amélie Nothomb avec 77 363 exemplaires
- L’inconnue du quai de Javel de Philippe Jaenada avec 47 360 exemplaires
- Nous aussi d’Anne Godard avec 40 282 exemplaires
- Le Palais de François-Henri Désérable avec 39 940 exemplaires
- La solitude des profs est infinie de Yannick Haenel avec 34 862 exemplaires
Une légère décélération s’observe également dans l’Hexagone, le volume hebdomadaire passant de 18 256 à 17 730 exemplaires lors de la dernière période mesurée.
Les jurys se retirent des listes
Le roman figurait initialement sur les listes préliminaires de plusieurs distinctions prestigieuses, dont le Goncourt, le Fémina, le Décembre, le Renaudot et le Médicis, en plus d’avoir décroché le prix du roman FNAC, le prix Première Plume et le prix Méduse.
Le prix Goncourt a exclu l’ouvrage dès le 25 septembre, suivi le lundi suivant par les comités des prix Fémina et Décembre.
L’auteur rejette toutes les accusations
L’écrivain canado-haïtien rejette catégoriquement l’utilisation d’outils technologiques pour rédiger son texte. Avant que Les Éditions du Boréal ne suspendent sa tournée promotionnelle en France le 24 septembre, Thélyson Orélien a rejeté ces accusations auprès de l’AFP, dénonçant une cabale visant sa voix et sa personne.
il y a quand même cette volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (…), de me faire taire.
Thélyson Orélien, auteur
L’intrigue suit Jonas, un ancien professeur d’histoire-géographie contraint de fuir son île natale après un incendie spectaculaire. Son parcours s’étend sur plus de 12 000 kilomètres à travers douze pays, allant de Carrefour-Feuilles à Montréal, en passant par la République dominicaine, le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala, le Mexique et le Texas.
Le texte conserve une écriture qualifiée d’imagée et percutante par les critiques, laissant transparaître l’intensité humaine d’une longue odyssée à travers les camps de réfugiés et les centres de demandeurs d’asile.