Alors que les États-Unis commémorent l’héritage de Martin Luther King Jr., une analyse des inégalités en matière de santé révèle que les progrès sont loin d’être achevés, et que les disparités persistent, voire s’aggravent, pour de nombreux Américains.
L’occasion d’une publication d’une photographie de Martin Luther King Jr. prise en 1963 à Détroit, où il présentait une version préliminaire de son célèbre discours « J’ai un rêve », a servi de point de départ à une réflexion sur l’état de santé publique aux États-Unis.
Dans ce discours, King soulignait l’urgence d’agir face à l’oppression et à l’exploitation, affirmant : « Mais maintenant plus que jamais, l’Amérique est obligée de faire face à ce problème, car la forme du monde actuel ne nous offre pas le luxe d’une démocratie anémique. Le prix que cette nation doit payer pour l’oppression et l’exploitation continues des Noirs ou de tout autre groupe minoritaire est le prix de sa propre destruction. Car l’heure est tardive. L’horloge du destin tourne et nous devons agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard. »
Aujourd’hui, cette urgence résonne particulièrement fort face à des indicateurs alarmants : baisse de l’espérance de vie, taux de mortalité maternelle et infantile élevés, insécurité alimentaire généralisée et crise persistante de la santé mentale. Les États-Unis, malgré leurs dépenses massives en matière de santé – les plus élevées au monde par habitant – ne figurent pas parmi les nations les plus performantes en matière de santé.
Les disparités raciales et socio-économiques sont particulièrement criantes. Les femmes noires, par exemple, présentent des taux de mortalité plus élevés pour le cancer du sein et sont plus susceptibles d’être diagnostiquées à un stade avancé pour le cancer du col de l’utérus que les femmes blanches. Elles sont également plus souvent hospitalisées pour un diabète non contrôlé et pour des amputations liées à cette maladie. Les femmes noires et hispaniques sont également plus touchées par le VIH et moins susceptibles de recevoir un traitement pour la dépression ou la toxicomanie.
Une étude récente de l’Académie nationale des sciences révèle que les Américains de moins de 50 ans ont des résultats de santé moins bons que leurs homologues dans d’autres pays développés. Les femmes américaines de moins de 50 ans sont plus susceptibles de mourir de maladies non transmissibles, de maladies cardiaques, de blessures et de complications liées à la grossesse que les femmes de la même tranche d’âge dans d’autres nations industrialisées.
La crise des opioïdes, avec une augmentation des décès chez les femmes, y compris les femmes enceintes et les nouveau-nés, ajoute une dimension tragique à ce tableau. Par ailleurs, on observe une augmentation du taux de mortalité des hommes blancs d’âge moyen, soulignant que les problèmes de santé publique touchent désormais un éventail plus large de la population.
Au-delà du système de santé lui-même, les déterminants sociaux de la santé – accès à l’air pur, à l’eau potable, à des emplois décents, à une alimentation nutritive, à des liens sociaux et à la connectivité numérique – jouent un rôle crucial. L’essor de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé offre des promesses, mais soulève également des questions quant à l’équité et à l’accès pour tous.
La nécessité d’une approche citoyenne de la santé, où l’accès aux soins est considéré comme un droit fondamental, est plus pressante que jamais. Comme l’a souligné Martin Luther King Jr., « Aimer ou périr », et il est impératif de s’attaquer aux inégalités en matière de santé pour construire une société plus juste et plus équitable.
« Je sais, d’une manière ou d’une autre, que ce n’est que lorsqu’il fait suffisamment sombre qu’on peut voir les étoiles. »
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