Perspectives de taux : le taux des fonds désormais inférieur au SOFR à 10 ans

La Réserve fédérale américaine semble s’orienter vers un « atterrissage en douceur », avec une convergence des taux d’intérêt et une stabilisation de son bilan. Cette évolution, bien que provisoire, pourrait ouvrir la voie à un assouplissement de la politique monétaire, selon les dernières analyses.

Les récentes réunions du Comité fédéral de l’open market (FOMC) témoignent d’une tendance claire : les taux d’intérêt se rapprochent d’une zone d’équilibre sur plusieurs fronts. Le bilan de la Fed est désormais stabilisé, avec un seuil minimal fixé pour les réserves bancaires, et les taux d’intérêt se rapprochent de niveaux considérés comme plus normaux.

Un indicateur clé de cette évolution est le fait que le taux SOFR (Secured Overnight Financing Rate) à 3 mois est désormais inférieur au taux SOFR à 10 ans – une situation qui n’avait pas été observée depuis le second semestre 2022 (et brièvement en janvier 2025). Cela signifie qu’il est devenu moins coûteux de financer des opérations à court terme que des opérations à long terme, en raison de la pression croissante sur le taux SOFR à 10 ans et de l’influence des anticipations de baisse des taux. Cette inversion des taux pourrait encourager les acteurs du marché à privilégier les financements à court terme.

Par ailleurs, la Fed a réagi à des tensions sur les marchés monétaires en mettant en place un programme d’achat de bons du Trésor, officiellement destiné à gérer les réserves bancaires. Ces « achats de gestion des réserves » pourraient aller jusqu’à 3 milliards de dollars (environ 2,75 milliards d’euros) en bons du Trésor, ce qui s’apparente à une forme d’assouplissement quantitatif (QE). La Fed a initialement prévu d’investir 40 milliards de dollars (environ 37 milliards d’euros) dans ces achats, un montant qui devrait diminuer avec le temps en fonction des conditions de liquidité.

La Fed a également souligné qu’elle serait prête à augmenter ses réserves bancaires au même rythme que la croissance nominale de l’économie. Si le produit intérieur brut (PIB) nominal croît de 3 à 5 %, les réserves bancaires devraient également augmenter dans la même proportion.

En ce qui concerne l’actualité économique à venir, les États-Unis publieront leurs données de balance commerciale pour septembre ainsi que les chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage. Les prévisions actuelles tablent sur une augmentation des inscriptions à 220 000, contre 191 000 la semaine précédente. De son côté, Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, s’exprimera sur la stabilité financière.

Sur le marché obligataire, l’Italie lancera des émissions d’obligations pour un total de 5 milliards d’euros, tandis que les États-Unis mettront aux enchères 22 milliards de dollars (environ 20 milliards d’euros) d’obligations.

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