Publié le 2025-01-13 09:30:00. Le président colombien Gustavo Petro a défié Washington en ordonnant la reprise des vols civils avec le Venezuela, malgré l’avertissement de Donald Trump concernant la fermeture de l’espace aérien vénézuélien, ravivant les tensions géopolitiques dans la région.
- Gustavo Petro a ordonné la reprise des vols civils avec le Venezuela, contestant l’avertissement de Donald Trump.
- Les États-Unis estiment que l’espace aérien vénézuélien présente un danger, tandis que la Colombie le juge pleinement opérationnel.
- Plusieurs compagnies aériennes, dont certaines colombiennes, continuent d’opérer au Venezuela malgré les tensions.
La Colombie a ouvertement contesté l’autorité des États-Unis sur l’espace aérien vénézuélien, une décision qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas. Le président colombien, Gustavo Petro, a annoncé ce lundi 13 janvier 2025 la reprise du service aérien civil avec le Venezuela, ignorant ainsi l’avertissement émis par l’ancien président américain Donald Trump concernant une fermeture totale de l’espace aérien vénézuélien.
Dans un message publié sur le réseau social X, Petro a affirmé :
« Les États-Unis n’ont pas le droit de fermer l’espace aérien vénézuélien. Ils peuvent le faire avec leurs compagnies aériennes, mais pas avec celles du monde. La Colombie rétablit le service aérien civil avec le Venezuela et invite le monde à le faire. L’heure est au dialogue et non à la barbarie. »
Cette décision fait suite à la déclaration de Donald Trump, samedi dernier, selon laquelle l’espace aérien vénézuélien devait être considéré comme « fermé dans son intégralité », en raison du déploiement militaire américain important dans les Caraïbes et des tensions persistantes entre les deux pays.
Malgré ces tensions, plusieurs compagnies aériennes continuent de desservir le Venezuela. Les compagnies colombiennes Wingo et Satena, ainsi que les compagnies panaméennes Copa Airlines et Boliviana de Aviación, maintiennent leurs opérations. Sur place, Avior et Conviasa (compagnie aérienne nationale vénézuélienne) continuent également de voler.
L’Aéronautique civile colombienne (Aerocivil) a publié un communiqué ce lundi, affirmant que l’espace aérien vénézuélien « reste pleinement ouvert et opérationnel, sans restrictions qui affectent la navigation aérienne civile ». L’Aerocivil a critiqué les déclarations d’un « État tiers » qui n’a « aucune ingérence ni juridiction souveraine » sur l’espace aérien vénézuélien, soulignant que ces déclarations manquent de « validité opérationnelle » et créent de la confusion.
Parallèlement, certaines compagnies aériennes ont pris des mesures préventives. Iberia a suspendu ses vols vers le Venezuela jusqu’au 31 décembre, et Air Europa jusqu’au 12 janvier, invoquant des raisons de sécurité. Latam Colombia a quant à elle suspendu ses vols « jusqu’à nouvel ordre » après la suspension de son permis d’exploitation par l’Institut national de l’aéronautique civile (INAC) vénézuélien. Une source de la compagnie a déclaré à l’agence EFE que « les conditions actuelles sur ce territoire ne répondent pas aux normes de sécurité pour envisager la reprise de ses vols ».
Ce n’est pas la première fois que Petro conteste la position de Trump. Il avait déjà demandé dimanche, sur quelle base légale internationale Trump considérait-il l’espace aérien vénézuélien fermé, dénonçant une atteinte à la souveraineté nationale du pays sud-américain. Petro a également appelé l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à se réunir pour discuter de cette fermeture qu’il juge « complètement illégale », insistant sur le fait qu’« aucune compagnie aérienne ne devrait accepter de commandes illégales sur l’espace aérien d’un pays ».
Les tensions entre Washington et Caracas remontent à août dernier, lorsque Trump a ordonné un important déploiement militaire dans les eaux des Caraïbes, près du Venezuela, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue. Le gouvernement vénézuélien a dénoncé cette opération comme une « menace » visant à provoquer un changement de régime.
