Face aux tensions géopolitiques mondiales et à la hausse des coûts énergétiques, le gouvernement belge se veut rassurant à l’approche de l’hiver.
Les réserves stratégiques de mazout et le suivi permanent du gaz
Les consommateurs belges s’interrogent régulièrement sur la sécurité des approvisionnements à l’approche de la saison froide. Face à ces inquiétudes, le ministre fédéral de l’Énergie Mathieu Bihet (MR) insiste sur la solidité des stocks constitués par le pays, tout en qualifiant la conjoncture internationale de délicate.
En ce qui concerne le secteur gazier, la situation est surveillée de près par les autorités fédérales. Le gestionnaire du réseau de transport joue un rôle central dans ce dispositif de veille quotidienne.
Du côté des produits pétroliers, les réserves obligatoires garantissent une autonomie confortable pour les mois à venir. La Belgique détient en effet des stocks importants pour amortir d’éventuels chocs sur les marchés internationaux.
Nous avons des stocks stratégiques importants, de pétrole et de produits raffinés, de plus de 90 jours de consommation, conformément à nos obligations
, a souligné le ministre, précisant que le pays dispose ainsi de marges suffisantes pour faire face aux imprévus.
La position de hub énergétique et l’approvisionnement international
Bien que le sous-sol belge ne permette pas d’accumuler d’immenses réserves nationales de gaz en raison de contraintes géologiques, le territoire profite d’une situation géographique idéale pour le transit. Cette configuration permet au pays de sécuriser ses volumes d’importation par différents canaux.

Les flux d’approvisionnement proviennent majoritairement de partenaires stables situés à proximité immédiate, complétés par des livraisons de gaz naturel liquéfié par voie maritime.
- Deux tiers du gaz entrant en Belgique transitent par les gazoducs reliant le pays à la Norvège et au Royaume-Uni.
- Un tiers provient du GNL acheminé depuis des pays comme la Russie, le Qatar et les États-Unis.
- La Belgique importe environ trois fois plus de gaz qu’elle n’en consomme en régime de croisière, jouant un rôle de plaque tournante pour l’Europe.
Heureusement, la Belgique a une place de hub énergétique européen, qui est stratégique
, fait valoir le gouvernement pour expliquer la robustesse de l’approvisionnement national face aux soubresauts extérieurs.
Les prix mondiaux et les leçons de la gestion estivale de l’électricité
Si les volumes physiques sont garantis pour cet hiver, l’exécutif fédéral admet avoir une influence très limitée sur la formation des tarifs, dictée par des crises géopolitiques mondiales touchant des régions productrices comme l’Iran, la Russie ou le Yémen.

Le ministre a également pointé du doigt les arbitrages énergétiques réalisés pendant la saison estivale, marqués par l’utilisation de gaz pour produire de l’électricité destinée à la climatisation nocturne en l’absence temporaire de production nucléaire. Une pratique que l’administration souhaite proscrire à l’avenir pour respecter les engagements climatiques de la Belgique.
On a pollué pour se rafraîchir… alors que la chaleur est due à la pollution. Si vous voulez une image un peu simple, c’est comme si vous aviez mis un groupe électrogène dans le coffre d’une voiture électrique.
Mathieu Bihet, ministre fédéral de l’Énergie
Avec le redémarrage progressif des réacteurs nucléaires attendu dès le 1er novembre, le gouvernement espère rompre le lien mécanique entre la consommation électrique et le recours au gaz, stabilisant ainsi les perspectives énergétiques du pays à l’entrée de la saison froide.