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Plan secret présumé de la Russie et des États-Unis

by Clara Dubois

Publié le 20 novembre 2025. Des négociations secrètes entre les États-Unis et la Russie auraient abouti à un plan de paix pour l’Ukraine, prévoyant des concessions territoriales et militaires importantes de la part de Kiev, suscitant des réactions contrastées en Europe.

  • Un projet de plan de paix stipulerait l’évacuation complète des régions de Donetsk et Louhansk par l’Ukraine, ainsi que leur démilitarisation.
  • Le plan prévoit également une limitation de la taille de l’armée ukrainienne et de la portée de ses armements, ainsi qu’un arrêt des livraisons d’armes occidentales à longue portée.
  • Des divergences fortes émergent quant à l’acceptabilité de ce plan, certains y voyant une capitulation de facto pour l’Ukraine, tandis que d’autres soulignent la nécessité de concessions mutuelles pour parvenir à une paix durable.

Selon des informations révélées par le Financial Times, un plan de paix secret aurait été négocié entre les États-Unis et la Russie, impliquant des concessions majeures de la part de l’Ukraine. Ce projet stipulerait l’évacuation complète des régions de Donetsk et de Louhansk, actuellement en partie occupées par les forces russes, ainsi que leur démilitarisation. La ligne de front sud, traversant les régions de Zaporijjia et Kherson, serait en grande partie figée, marquant une stabilisation du conflit sur ce territoire.

En outre, l’Ukraine devrait réduire considérablement la taille de son armée et limiter la portée de ses armes. Le plan exclurait également le stationnement de troupes étrangères sur le sol ukrainien et mettrait fin aux livraisons d’armes occidentales à longue portée capables de frapper profondément en territoire russe. Des exigences supplémentaires, telles que la reconnaissance du russe comme langue officielle et la réadmission de l’Église orthodoxe fidèle à Moscou, seraient également incluses.

Les négociations, qui se seraient déroulées fin octobre, ont été menées par l’envoyé spécial américain Witkoff et le représentant russe Dmitriyev, avec la participation du Qatar et de la Turquie. Selon des sources proches des discussions, Witkoff aurait insisté pour que Kiev accepte ces conditions, même si elles constituaient des lignes rouges pour l’Ukraine.

Ce plan a été transmis à Kiev cette semaine, et sa divulgation, potentiellement orchestrée par la Russie, intervient alors que le président Zelensky est confronté à un scandale de corruption interne, fragilisant sa position. Le correspondant de Deutschlandfunk, Peter Sawicki, a souligné le caractère remarquable de ce projet.

Le secrétaire d’État américain Rubio a réagi de manière évasive, affirmant que les États-Unis travaillaient sur une liste d’idées possibles, tout en soulignant la nécessité de concessions mutuelles pour parvenir à une paix durable. Le Kremlin a réitéré sa position selon laquelle tout plan de paix doit aborder les causes profondes du conflit, telles que perçues par la Russie, tout en confirmant l’existence de contacts avec les États-Unis, mais en niant toute négociation sur un plan spécifique.

Les réactions à ce plan sont contrastées. Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Kallas, a appelé à l’implication de Kiev et de Bruxelles dans tout processus de paix, soulignant que les Ukrainiens et les Européens doivent être associés à toute solution viable.

En Allemagne, le chancelier Frei (CDU) s’est montré irrité par cette proposition américaine, estimant qu’elle pourrait permettre à Poutine d’atteindre des objectifs de guerre qu’il n’a pas pu obtenir sur le champ de bataille.

« Les premières nouvelles que nous recevons à ce sujet sont assez inquiétantes. Il semble que Poutine puisse atteindre des objectifs de guerre qu’il n’a pas atteints sur le champ de bataille. Ce serait certainement un résultat inacceptable. »

Frei, chancelier (CDU)

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis à Bruxelles, discutent de nouvelles mesures de soutien à l’Ukraine, notamment des sanctions renforcées contre la flotte dite “fantôme” russe, utilisée pour contourner l’embargo pétrolier. Ce nouveau plan de paix devrait également être au centre de leurs discussions.

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