Publié le 5 janvier 2026 à 10h30. De plus en plus d’Indonésiens se tournent vers l’intelligence artificielle (IA) non seulement pour des tâches pratiques, mais aussi comme un confident numérique, une tendance qui soulève des questions sur l’évolution de nos relations avec la technologie et la protection des données personnelles.
- Plus de 30 % des Indonésiens utilisent l’IA pour se confier lorsqu’ils se sentent tristes, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale de 29 %.
- L’IA est de plus en plus sollicitée pour l’organisation des vacances, de la recherche de recettes à la planification de voyages, en particulier par les jeunes adultes.
- Malgré la commodité offerte, les experts mettent en garde contre les risques liés à la sécurité et à la confidentialité des données lors de l’utilisation de l’IA.
L’intelligence artificielle, autrefois cantonnée à des applications utilitaires comme l’aide aux courses ou la planification de voyages, prend une tournure plus personnelle en Indonésie. Une étude récente de Kaspersky révèle que plus d’un tiers des Indonésiens (30 %) recourent désormais à l’IA pour trouver un réconfort émotionnel lorsqu’ils se sentent malheureux. Ce chiffre dépasse la moyenne mondiale, qui s’établit à 29 %, témoignant d’un changement profond dans la manière dont les individus recherchent du soutien à l’ère numérique.
Ce phénomène suggère que l’IA ne se limite plus à un simple outil, mais commence à jouer le rôle d’un compagnon émotionnel, en particulier auprès des jeunes générations, qui ont grandi avec cette technologie. Un utilisateur indonésien interrogé par le réseau Suara a ainsi déclaré :
« Parfois, je veux juste que quelqu’un m’écoute sans jugement. L’IA peut réagir rapidement et calmement, ce qui est très utile lorsque je suis de mauvaise humeur. »
Utilisateur indonésien
Cette tendance est particulièrement marquée chez les membres de la génération Z et les millennials. L’enquête de Kaspersky indique que 35 % des jeunes interrogés souhaitent utiliser l’IA comme source de soutien émotionnel, tandis que seulement 19 % des personnes de plus de 55 ans envisagent de se confier à une intelligence artificielle dans des moments difficiles.
Au-delà du soutien émotionnel, l’IA s’impose de plus en plus comme un assistant précieux dans la vie quotidienne, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année 2025/2026. Près des trois quarts des personnes interrogées dans le monde (74 %) prévoient d’utiliser l’IA pour faciliter leurs préparatifs de vacances, de la recherche de recettes à la planification de voyages. Ce chiffre grimpe à 86 % chez les 18-34 ans.
Les utilisations les plus courantes de l’IA dans ce contexte incluent la recherche de recettes de cuisine (56 %), l’identification de restaurants et d’hébergements (54 %), la recherche d’idées de cadeaux et de décorations de Noël (50 %), ainsi que la recherche de suggestions d’activités de loisirs (50 %). De plus, la moitié des personnes interrogées utilisent l’IA comme assistant d’achat virtuel, pour établir des listes de courses, comparer les prix ou consulter les avis des consommateurs avant de faire un achat.
Cependant, cette commodité ne doit pas occulter les risques potentiels. Les experts de Kaspersky mettent en garde contre la nécessité d’une vigilance accrue en matière de sécurité et de confidentialité des données. Vladislav Tushkanov, responsable du groupe de recherche sur les technologies d’IA chez Kaspersky, explique : « À mesure que les modèles de langage (LLM) continuent de se développer rapidement, la capacité de l’IA à engager un dialogue personnalisé s’accroît. »
Il souligne néanmoins que l’IA continue d’apprendre à partir des données disponibles sur Internet, qui ne sont pas exemptes d’erreurs ou de biais. Il recommande donc de « traiter les suggestions de l’IA avec un scepticisme sain et d’éviter de partager des informations excessives ». Kaspersky rappelle également l’importance de vérifier les liens fournis par les chatbots IA, car ils pourraient potentiellement conduire à des tentatives de phishing ou à du contenu malveillant. L’utilisation de solutions de cybersécurité basées sur l’IA est donc recommandée pour minimiser ces risques.
Enfin, il est crucial de garder à l’esprit que, derrière l’apparente sécurité offerte par l’IA, se cachent des entreprises commerciales dotées de leurs propres politiques de collecte de données. Vladislav Tushkanov insiste :
« L’IA peut donner l’impression d’être un ami sûr avec qui partager ses sentiments, mais n’oubliez pas que les données restent des données. »
Vladislav Tushkanov, responsable du groupe de recherche sur les technologies d’IA chez Kaspersky
Cette confiance croissante dans l’IA reflète l’évolution de la relation entre l’homme et la technologie. Si l’IA offre un sentiment d’écoute et de commodité, la conscience des limites, de la vie privée et de la sécurité demeure essentielle pour éviter que la technologie ne remplace complètement le rôle des interactions humaines.