Des affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité pakistanaises ont fait huit morts et plusieurs blessés ce mercredi dans le Cachemire administré par le Pakistan (CAP). Ces troubles, qui durent depuis trois jours, sont alimentés par des revendications de droits fondamentaux et une contestation croissante de la politique pakistanaise dans la région.
La situation est tendue dans l’ensemble du CAP, où des manifestations massives, menées par le Jammu and Kashmir Awami Action Committee (JKAAC), ont paralysé la vie quotidienne. Les marchés, commerces, entreprises locales et transports sont à l’arrêt. Des manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre et des conteneurs utilisés pour bloquer leur marche vers Muzaffarabad ont été précipités dans la rivière.
Les manifestants, déterminés à poursuivre leur marche sur Muzaffarabad malgré le déploiement massif des forces de sécurité, ont présenté une liste de 38 revendications. Parmi celles-ci figure la suppression des 12 sièges réservés aux réfugiés cashmiris résidant au Pakistan au sein de l’assemblée locale. Les habitants estiment que ces sièges compromettent la représentativité du gouvernement.
Selon des informations rapportées par le quotidien pakistanais Dawn, les forces de sécurité pakistanaises ont effectué des patrouilles blindées dans les villes du CAP et des milliers de soldats ont été transférés depuis la province du Pendjab, avec des renforts supplémentaires venant d’Islamabad. L’accès à internet a également été restreint dans la région.
Les dirigeants du JKAAC ont exigé la restauration immédiate des services de téléphonie mobile, avertissant qu’ils pourraient démanteler les antennes relais si leurs demandes ne sont pas satisfaites. À Rawalakot, une importante manifestation a scandé des slogans en faveur de l’autonomie du Cachemire et de la protection de ses ressources naturelles, témoignant d’une opposition grandissante à la politique de Pakistan.
Rawalakot, traditionnellement considérée comme un centre d’activités anti-indiennes sous l’égide des services de renseignement pakistanais (ISI), voit une mobilisation croissante contre le gouvernement central. Des affrontements violents à Bagh auraient conduit à la capture d’un nombre important d’agents de la police du Pendjab par les habitants.
Les principaux dirigeants du JKAAC ont appelé les habitants de tous les districts du CAP à converger vers Muzaffarabad le 1er octobre, ce qui pourrait entraîner une nouvelle escalade des tensions. Les protestations actuelles reflètent un mécontentement généralisé face à la répression politique, à l’exploitation économique et à la fermeté des autorités pakistanaises. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des convois de forces de sécurité entrant dans les villes, suscitant des craintes d’une répression imminente, tandis que les citoyens continuent de réclamer la fin du contrôle pakistanais.
« Nous luttons pour des droits fondamentaux qui nous sont refusés depuis plus de sept décennies », ont déclaré des représentants du JKAAC.
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