Publié le 2024-02-29 14:35:00. À l’approche du 30e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin, Halime Güner, figure emblématique du féminisme turc, revient sur l’importance de l’activisme de terrain et de la mobilisation collective pour faire avancer l’égalité des sexes.
- La Conférence de Pékin de 1995 a marqué un tournant en reconnaissant officiellement le rôle crucial de la société civile dans la promotion de l’égalité des sexes.
- Halime Güner, cofondatrice de l’organisation Uçan Süpürge (Fondation Balai Volant), souligne l’importance de lier les actions gouvernementales et les initiatives citoyennes.
- L’activiste insiste sur le fait que le véritable changement émane de la mobilisation des communautés et de la prise de conscience des inégalités systémiques.
Depuis les années 1970, Halime Güner s’est engagée corps et âme dans les mouvements féministes et de justice sociale en Turquie, contribuant à façonner les stratégies et les priorités du militantisme féministe dans le pays. Membre fondatrice de Uçan Süpürge, une organisation dédiée à la défense des droits des femmes, elle a œuvré à travers le plaidoyer, les médias et l’engagement communautaire pour faire entendre les voix féminines.
Son engagement a pris racine dans une prise de conscience précoce des inégalités structurelles auxquelles les femmes sont confrontées.
« La conviction que la discrimination est ancrée dans toutes les couches de la société m’a poussée à agir collectivement. »
Halime Güner
Au fil des années, elle s’est investie dans des domaines variés tels que la participation politique des femmes, la promotion d’une information sensible au genre et la mise en place de politiques de lutte contre les violences faites aux femmes.
La Conférence mondiale sur les femmes de 1995, qui s’est tenue à Pékin, a constitué un moment charnière pour Halime Güner et l’ensemble du mouvement féministe turc. Elle a joué un rôle déterminant dans les préparatifs nationaux de cette conférence et y a participé en tant que membre de la délégation officielle de la Turquie. Elle a cependant souligné l’importance de ne pas négliger le rôle de la société civile dans l’orientation des débats et a activement encouragé les organisations de base à s’impliquer.
Elle se souvient de l’ampleur de l’événement :
« C’était un espace où la société civile avait une véritable voix dans l’élaboration de l’agenda mondial en faveur des droits des femmes. »
Halime Güner
Pour Güner, l’un des aspects les plus marquants de Pékin a été la visibilité et la reconnaissance accordées aux organisations de la société civile.
« Pour la première fois, les gouvernements ont dû nous écouter – non seulement dans les salles de conférence, mais aussi dans les couloirs, lors des négociations, lors d’événements parallèles. »
Halime Güner
La présence de milliers de militantes et de militants venus du monde entier a démontré la puissance de la mobilisation populaire pour influencer les politiques publiques.
Le Programme d’action de Pékin a marqué une évolution significative dans l’approche de l’égalité des sexes, tant au niveau national qu’international. Pour Halime Güner, la reconnaissance formelle de la société civile en tant qu’acteur essentiel dans le suivi et la promotion de l’égalité des sexes constitue la réalisation la plus importante. À l’approche du 30e anniversaire de cette conférence, en 2025, il est essentiel de se rappeler l’importance de l’engagement citoyen pour continuer à faire progresser les droits des femmes et des filles, partout dans le monde.
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