Deux explosions de grenades en l’espace de deux semaines en Norvège ont relancé les inquiétudes concernant une escalade de la violence liée aux gangs, notamment avec des implications potentielles d’une “violence à la demande” impliquant des mineurs. Après un incident survenu à Strømmen, près d’Oslo, lundi soir, deux jeunes hommes ont été interpellés.
L’explosion, qui s’est produite dans un restaurant peu avant minuit, n’a fait aucun blessé mais a causé des dégâts matériels. Selon la police, l’attaque semblait viser une personne ayant un lien avec l’établissement, sans que l’identité de cette cible ne soit encore établie à ce stade de l’enquête.
« Nous n’avons aucune tolérance pour les explosions dans les lieux publics », a déclaré la ministre de la Justice, Astri Aas-Hansen, promettant une réponse gouvernementale ferme. « Nous prenons cela très au sérieux et travaillons intensivement pour y mettre un terme. La police mène désormais une enquête approfondie et il est important qu’elle puisse mener son travail à bien. »
Le Premier ministre Jonas Gahr Støre a également réagi, affirmant que « les explosions de grenades n’ont pas leur place en Norvège ».
Cette nouvelle explosion intervient deux semaines après un incident similaire survenu dans le centre d’Oslo. À la suite de cette première attaque, plusieurs arrestations avaient été effectuées, dont deux jeunes de seulement 13 ans. Les enquêteurs avaient alors évoqué la possibilité d’une “violence à la demande”, où des jeunes pourraient être instrumentalisés par des groupes criminels.
Les deux suspects arrêtés à Strømmen ont 18 et 19 ans, selon la chaîne de télévision publique NRK. D’autres arrestations ne sont pas exclues, a indiqué le procureur de police Eirik Braathen lors d’un point de presse.
La police enquête activement sur un lien possible entre les deux explosions. Les districts de police concernés coopèrent avec l’unité de lutte contre le crime organisé, Kropos, pour faire la lumière sur ces événements. Ove Furseth, chef de l’unité nationale des renseignements et de l’enquête sur la criminalité, a souligné l’importance de rassurer le public : « Ce type d’affaire crée un fort sentiment d’insécurité. Le public doit être convaincu que nous enquêtons sur cette question avec des ressources considérables afin de déterminer ce qui s’est passé et d’identifier les responsables. »
La Norvège, traditionnellement un pays à faible taux de criminalité, est confrontée à une augmentation de la violence liée aux gangs, en provenance notamment de la Suède voisine, qui lutte depuis plusieurs années contre une recrudescence des tirs et des explosions. Les groupes criminels ont tendance à utiliser des jeunes, qui bénéficient d’une certaine impunité en raison de leur âge. Selon la chaîne TV2, l’un des suspects de 13 ans impliqué dans l’incident d’Oslo aurait reçu 30 000 couronnes norvégiennes (environ 2 700 euros) pour sa participation.
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