Publié le 28 octobre 2023 14:15. Une portion de l’autoroute A10, près d’Angervilliers dans l’Essonne, a été équipée d’une technologie de recharge sans fil pour véhicules électriques en mouvement, une première mondiale qui pourrait révolutionner le transport routier.
- Des essais routiers sont en cours sur un tronçon de 1,5 kilomètre de l’A10, permettant de recharger des camions, des bus, des camionnettes et des voitures particulières pendant qu’ils roulent.
- Le projet, baptisé « Charge as you drive », utilise 900 bobines de cuivre installées sous la chaussée pour transférer jusqu’à 300 kW de puissance aux véhicules compatibles.
- Cette innovation pourrait réduire la taille et le coût des batteries, tout en diminuant l’impact environnemental lié à leur production.
L’autoroute A10, au sud-ouest de Paris, est devenue le théâtre d’une avancée technologique majeure dans le domaine de la mobilité électrique. Mercredi 22 octobre, un camion électrique a pu, pour la première fois, se recharger sans fil pendant son trajet, grâce à une infrastructure inédite : un tronçon de 1,5 kilomètre équipé de recharge dynamique par induction.
Ce projet ambitieux, nommé « Charge as you drive », est le fruit d’un consortium réunissant VINCI Autoroutes, Electreon, VINCI Construction, l’Université Gustave Eiffel et Hutchinson. Il bénéficie du soutien de Bpifrance et s’inscrit dans une démarche européenne plus large visant à développer les systèmes routiers électriques (ERS).
Le principe repose sur l’installation de 900 bobines de cuivre sous la chaussée, connectées au réseau électrique. Ces bobines génèrent un champ électromagnétique qui transfère l’énergie sans fil aux véhicules équipés de récepteurs appropriés. En pratique, cela signifie qu’un véhicule électrique, qu’il s’agisse d’un camion, d’un bus, d’une camionnette ou d’une voiture particulière, peut recharger sa batterie pendant qu’il roule sur ce tronçon de l’A10.
Les premiers essais routiers, menés avec des prototypes, se sont avérés prometteurs. Les acteurs du projet indiquent qu’une puissance allant jusqu’à 300 kW peut être transférée en pointe, avec une moyenne de 200 kW. Pour un camion, cela se traduit par un gain d’autonomie d’environ un kilomètre par kilomètre parcouru sur la portion équipée, et jusqu’à trois kilomètres pour un véhicule léger.
L’intérêt de cette technologie réside dans la possibilité de réduire considérablement la taille et le coût des batteries des véhicules électriques. En permettant une recharge continue en cours de route, il devient envisageable de concevoir des véhicules avec une capacité de batterie plus faible, les rendant ainsi plus légers, plus efficaces et moins onéreux. De plus, cette approche pourrait diminuer la dépendance aux matières premières rares nécessaires à la fabrication des batteries, contribuant ainsi à un impact environnemental plus faible.
Le secteur du transport routier, responsable de 95 % de la mobilité en France et d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre, pourrait être profondément transformé par cette innovation. Les partenaires du projet soulignent que la recharge dynamique par induction représente une étape cruciale vers un transport plus durable, offrant des avantages à la fois opérationnels et écologiques.
Les tests avec les quatre prototypes – camion, bus, fourgon et voiture particulière – se poursuivront dans les mois à venir. Le projet entre ainsi dans une nouvelle phase, dédiée au perfectionnement de la technologie et à l’étude de son déploiement à grande échelle.