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Prendre les électeurs «pour des cons»: Duhaime réplique à la députée de Bellechasse

by Nicolas Lefèvre
Le pari stratégique de Bellechasse et le troisième lien

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a confirmé sa candidature dans la circonscription de Bellechasse pour les élections du 5 octobre 2026. Après deux échecs successifs, le leader conservateur mise sur un bastion rural et favorable pour faire son entrée officielle à l’Assemblée nationale.

Le pari stratégique de Bellechasse et le troisième lien

Le choix de Bellechasse ne relève pas du hasard, mais d’un calcul électoral précis. Comme le rapporte Le Devoir, cette circonscription rurale de la Rive-Sud se distingue par un attachement marqué au projet de troisième lien, un enjeu que Duhaime place au cœur de sa campagne.

Éric Duhaime, chef du PCQ

Pour le chef conservateur, s’implanter ici permet de porter la voix d’une ruralité qu’il juge oubliée par la classe politique montréalaise. Les données soutiennent son optimisme : selon l’agrégateur de sondages Qc125, le PCQ serait gagnant dans 99 % des scénarios dans Bellechasse. Le parti affirme d’ailleurs que cette zone figure au troisième rang des circonscriptions québécoises où sa popularité est la plus forte.

L’électorat de Bellechasse, qui compte un peu plus de 45 000 électeurs, comprend des municipalités clés comme Beaumont, Honfleur, Lac-Etchemin, Saint-Michel-de-Bellechasse et Saint-Anselme. En 2022, le candidat conservateur Michel Tardif y avait déjà terminé deuxième avec 35,2 % des voix, laissant la voie libre pour une offensive menée cette fois par le chef lui-même.

La bataille du parachutage : Duhaime contre Stéphanie Lachance

Cette candidature déclenche toutefois une vive polémique sur la légitimité territoriale du candidat. La députée caquiste Stéphanie Lachance a ouvertement critiqué le fait que Duhaime, qui réside actuellement à Laval, tente de s’imposer dans une région où il n’a aucune racine. Selon Radio-Canada, la députée estime que le chef conservateur manque de maîtrise des subtilités régionales.

La bataille du parachutage : Duhaime contre Stéphanie Lachance
cluster (priority): lenouvelliste.ca

Duhaime a répliqué avec virulence, retournant l’accusation de parachutage contre son adversaire. Il souligne que Stéphanie Lachance, élue depuis 2018, n’a elle-même jamais habité la circonscription qu’elle représente.

Les Inconnus – prendre les gens pour des cons

C’est quand même spécial de se faire accuser d’être parachuté par une députée qui n’a jamais habité la circonscription qu’elle représente. Ça, je n’ai jamais vu ça.

Éric Duhaime, chef du PCQ

De son côté, la députée caquiste justifie sa position par un investissement de plus de 20 ans auprès des entreprises et organisations locales, affirmant que son lien avec le terrain diffère fondamentalement de la stratégie de Duhaime, qui a sollicité trois circonscriptions différentes en quatre ans.

Un historique de défaites : de Chauveau à Arthabaska

L’enjeu pour Éric Duhaime est crucial : il s’agit de sa troisième tentative pour obtenir un siège. Son parcours récent montre une incapacité persistante à franchir la ligne d’arrivée, malgré des scores respectables.

Un historique de défaites : de Chauveau à Arthabaska
cluster (priority): Le Devoir
  • Octobre 2022 (Chauveau) : Arrivée en deuxième position avec 31,8 % des voix, derrière le candidat de la CAQ.
  • Août 2025 (Arthabaska) : Seconde place avec 35 % des appuis lors d’une élection partielle, battu par le candidat du Parti québécois.

L’échec dans Arthabaska a révélai une certaine opportunité tactique plutôt qu’une conviction territoriale. Dans une entrevue relayée par Mon Victo, Duhaime a admis que sa présence dans cette circonscription n’était pas naturelle et qu’il n’y serait pas allé sans l’élection partielle.

Comprenez, je ne serais pas allé dans Arthabaska naturellement. Je suis allé parce qu’il y avait une élection partielle.

Éric Duhaime, chef du PCQ

Il a justifié ce saut en expliquant qu’il aurait été accusé de peur ou de dérobade s’il ne s’était pas présenté. Aujourd’hui, il justifie le choix de Bellechasse par sa proximité avec Québec et l’Assemblée nationale, notant qu’Arthabaska commençait à être trop éloignée du centre politique.

L’offensive globale du PCQ pour 2026

L’entrée potentielle de Duhaime au Salon bleu s’inscrit dans une stratégie de croissance plus large pour le Parti conservateur du Québec. Bien que le parti ait récolté 530 000 votes et 13 % des voix en 2022 sans élire aucun député, la donne a changé récemment. Selon lenouvelliste.ca, l’arrivée de Maïté Blanchette Vézina au sein des troupes conservatrices le 23 mars dernier a permis au parti de faire son entrée au parlement.

L’ex-ministre caquiste, qui était alors indépendante, sera candidate du PCQ dans La Peltrie, en banlieue de Québec. Cette alliance renforce la crédibilité du parti dans la région capitale et crée un effet de synergie avec la candidature de Duhaime dans Bellechasse.

Le chef conservateur a promis de s’établir définitivement dans Bellechasse s’il remporte le scrutin d’octobre, affirmant vouloir se trouver un pied-à-terre dans les prochains jours. La question demeure de savoir si les électeurs, qui se sentent trahis par la CAQ selon l’analyse de Duhaime, accepteront un candidat dont la trajectoire géographique semble dictée par les opportunités électorales plutôt que par un ancrage local.

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