Home SantéPrincipales tendances des prestataires de soins de santé en 2026

Principales tendances des prestataires de soins de santé en 2026

by Sophie Martin

Les établissements de santé abordent 2026 dans une situation plus favorable qu’ils ne l’ont été depuis plusieurs années, mais cette amélioration ne doit pas masquer la nécessité d’une gestion rigoureuse des coûts et d’une planification stratégique pour faire face aux défis à venir.

Selon des experts, la capacité des hôpitaux à optimiser leurs opérations et à anticiper les changements réglementaires sera déterminante pour leur succès. Mark Pascaris, directeur principal chez Fitch Ratings, souligne qu’il s’agit d’une période neutre, mais certainement pas passive.

Les marges bénéficiaires s’améliorent, offrant aux directions une marge de manœuvre limitée pour agir. Fitch Ratings prévoit une situation similaire à 2025 pour la plupart des hôpitaux en 2026, avec une légère progression des marges et une diminution des chocs financiers imprévus. La stabilisation des coûts de la main-d’œuvre, grâce à une moindre dépendance aux personnels intérimaires coûteux, notamment les infirmières voyageuses, et l’atténuation des pressions inflationnistes contribuent à cette amélioration.

Chris George, directeur général d’Alvarez & Marsal, explique que ce changement offre aux équipes de direction une prévisibilité qu’elles n’avaient pas depuis longtemps. « Cela permet aux organisations de passer moins de temps à réagir et plus de temps à se concentrer sur les corrections nécessaires », précise-t-il.

De nombreux établissements utilisent cette clarté pour accélérer leurs efforts d’efficacité, anticipant la fin des subventions liées à la loi sur les soins abordables et les réductions prévues de Medicaid. Ces coupes budgétaires, qui s’échelonneront sur plusieurs années, pourraient avoir un impact significatif sur les finances hospitalières.

« Les équipes de direction examinent la loi budgétaire fédérale et se disent : ‘Nous sommes déjà sur la bonne voie pour rationaliser et gagner en efficacité. Nous devons accélérer le rythme’ », explique M. Pascaris.

Les établissements les moins performants sont confrontés à des questions difficiles. Avec le retour des volumes de patients et la stabilisation de la main-d’œuvre, il devient plus difficile de justifier des pertes persistantes. « Si une organisation ne parvient pas à obtenir des résultats acceptables dans cet environnement, cela est préoccupant », avertit M. Pascaris. « Il sera encore plus difficile de faire face à la prochaine vague de coupes budgétaires. »

Les conseils d’administration, les créanciers et les agences de notation se concentrent de plus en plus sur la capacité des dirigeants à mettre en œuvre des changements structurels plutôt que d’attendre une aide extérieure. « Il y a moins de patience pour les explications qui supposent que les choses vont s’améliorer d’elles-mêmes », ajoute M. George.

Fitch Ratings estime qu’un établissement de santé bien géré devrait dégager des marges d’exploitation de 3 à 5 % en période favorable, soulignant la faible marge de manœuvre dont disposent les hôpitaux. « Pas de marge, pas de mission », résume M. Pascaris. « C’est une activité à très faible marge. »

Parallèlement, on observe un regain d’intérêt pour les fusions et acquisitions, favorisé par l’assouplissement de la surveillance fédérale. Les établissements explorent des partenariats pour gagner en envergure, réduire les coûts et renforcer leur pouvoir de négociation avec les assureurs. Cependant, les établissements solides sont de plus en plus sélectifs quant aux opportunités d’acquisition.

« Oui, nous recherchons des opportunités de partenariat », indique M. Pascaris. « Mais nous ne cherchons pas à sauver des établissements en difficulté. Il doit y avoir un retour sur investissement immédiat, ou un plan clair pour y parvenir. »

Les pressions sur la main-d’œuvre évoluent également. Les pénuries aiguës se sont atténuées, le recours aux agences a diminué et la croissance des salaires s’est modérée. Cependant, Gayle Lee, directrice principale de la politique de main-d’œuvre à l’Association of American Medical Colleges, souligne que les problèmes d’approvisionnement à long terme persistent, notamment la pénurie de médecins, en particulier dans les soins primaires et les zones rurales.

Les établissements de santé repensent également la répartition des tâches au sein des équipes soignantes, élargissant les rôles des professionnels de santé avancés et cherchant à réduire la charge administrative. L’intelligence artificielle (IA) suscite également l’intérêt, mais les établissements se concentrent désormais sur les applications qui offrent un retour sur investissement concret, notamment dans le domaine du support documentaire, de la gestion du cycle de revenus et de la planification.

« La question est de savoir où l’IA permet réellement d’économiser du temps ou de l’argent », explique Anders Gilberg, vice-président senior des affaires gouvernementales à la Medical Group Management Association.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS) a récemment lancé une consultation sur la manière d’accélérer l’adoption de l’IA dans le secteur de la santé. Quoi qu’il en soit, les établissements de santé doivent se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler : les fondamentaux, selon M. Pascaris.

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