Publié le 12 décembre 2025 09:12:00. Une enquête européenne révèle qu’au moins 197 enfants sont nés grâce au don de sperme d’un homme porteur d’une mutation génétique rare, le syndrome de Li-Fraumeni, augmentant considérablement leur risque de développer un cancer. Certains de ces enfants sont déjà décédés de la maladie.
- Au moins 197 enfants à travers l’Europe sont concernés par cette mutation génétique.
- Le donneur de sperme, identifié sous le nom de M. A, ignorait être porteur du gène TP53 responsable du syndrome de Li-Fraumeni.
- Plusieurs enfants nés grâce à son don ont déjà été diagnostiqués avec différents types de cancer, et certains sont décédés.
L’ampleur de cette affaire a été révélée grâce à une enquête menée conjointement par 14 médias publics européens, dont la BBC. Les investigations, basées sur des demandes d’accès à l’information et des entretiens avec des médecins et des patients, ont permis d’établir que le sperme de M. A a été utilisé dans 67 cliniques de fertilité réparties dans 14 pays.
M. A avait initialement fait don de son sperme à la Banque Européenne de Sperme (ESB), une clinique privée danoise. Il ignorait être porteur de la mutation du gène TP53, qui provoque le syndrome de Li-Fraumeni, une maladie rare caractérisée par une prédisposition accrue au cancer. Selon la clinique Cleveland aux États-Unis, les personnes atteintes de ce syndrome ont 90 % de chances de développer un cancer avant l’âge de 60 ans, et environ 50 % avant 40 ans.
L’inquiétude est d’autant plus grande que la probabilité pour les porteurs de la mutation d’échapper au cancer tout au long de leur vie est faible. À ce jour, 10 enfants nés grâce au sperme de M. A ont reçu un diagnostic de cancer, notamment des tumeurs cérébrales et des lymphomes de Hodgkin. Malheureusement, certains d’entre eux sont décédés.
Le biologiste Edwis Kasper, du CHU de Rouen en France, a présenté les premiers résultats de cette enquête lors de la réunion annuelle de la Société Européenne de Génétique Humaine en mai dernier. Il avait alors identifié 67 enfants nés avec le sperme de M. A. Il a précisé :
« Treize autres enfants sont porteurs de la mutation, mais n’ont pas encore développé de cancer. Ces enfants présentent un risque élevé et nécessitent un suivi médical régulier. Il existe également une probabilité de 50 % qu’ils transmettent la mutation à leurs propres enfants. »
Edwis Kasper, biologiste au CHU de Rouen
La Banque Européenne de Sperme a exprimé sa tristesse face à cette situation.
« Nous sommes profondément attristés par cet incident et par l’impact de cette rare mutation TP53 sur de nombreuses familles, des enfants et des donneurs. »
Julie Pauli Butz, porte-parole de la Banque Européenne de Sperme
La banque a affirmé qu’elle effectue des tests et des évaluations médicales sur tous les donneurs conformément aux normes scientifiques et à la législation en vigueur. Elle se dit favorable à une limitation du nombre d’enfants nés d’un même donneur.
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