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Protéger les communautés de la fumée secondaire

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Malgré l’adoption de réglementations anti-tabac par plus de 90 % des districts indonésiens, l’exposition à la fumée secondaire reste préoccupante dans les lieux publics. Des ateliers de formation, soutenus par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), visent à renforcer l’application de ces lois et à protéger la santé des citoyens.

  • Plus de 74 % des adultes indonésiens sont exposés à la fumée secondaire dans les restaurants.
  • L’OMS et le ministère de la Santé indonésien ont formé plus de 200 fonctionnaires à la mise en œuvre de politiques sans fumée.
  • Des plans d’action locaux sont en cours d’élaboration pour améliorer l’application des réglementations anti-tabac.

L’Indonésie, confrontée à des taux de tabagisme élevés, a vu plus de 90 % de ses districts adopter des réglementations locales visant à lutter contre le tabagisme. Cependant, l’efficacité de ces mesures est compromise par une application souvent laxiste. Une enquête mondiale sur le tabac chez les adultes (GATS) réalisée en 2021 révèle que l’exposition à la fumée secondaire demeure un problème majeur, notamment dans les lieux publics fréquentés.

Les chiffres sont alarmants : 74,2 % des personnes interrogées déclarent être exposées à la fumée secondaire dans les restaurants, un taux qui s’élève à 41,4 % dans les bâtiments gouvernementaux, 44,8 % sur les lieux de travail, 40,5 % dans les transports publics et même 14,2 % dans les établissements de santé. Ces données soulignent l’urgence d’un renforcement de l’application des lois existantes.

Pour répondre à ce défi, l’OMS Indonésie et le ministère de la Santé ont mis en place un programme de formation destiné aux fonctionnaires locaux. De 2023 à 2025, des ateliers ont été organisés dans cinq provinces : Lampung, Banten, Nusa Tenggara Ouest, Kalimantan Sud et Kalimantan Est. Plus de 200 agents de 56 districts ont participé à ces sessions, axées sur la conception et la mise en œuvre de politiques sans fumée efficaces.

Les formations ont mis en lumière les bonnes pratiques observées dans des districts performants tels que Bogor, Depok, Bandung et Klungkung. Les participants ont également été initiés à l’utilisation d’outils numériques, notamment un tableau de bord en ligne et une application mobile, pour faciliter le suivi et les inspections sur le terrain. Des exercices pratiques ont permis de mettre en application ces outils et de vérifier la conformité des établissements.

Les ateliers ont permis d’identifier les principaux obstacles à la mise en œuvre des réglementations sans fumée. Parmi ceux-ci figurent l’absence de groupes de travail dédiés, des inspections limitées aux établissements de santé et d’éducation, un manque de ressources humaines et financières, ainsi qu’un engagement politique insuffisant des autorités locales.

Pour surmonter ces difficultés, chaque ville et chaque district a élaboré un plan d’action personnalisé, comprenant la création de groupes de travail, la définition de procédures opérationnelles standard, l’organisation de réunions de coordination intersectorielles et le renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation.

Le Dr L. Hamzi Fikri, chef du bureau de santé de la province de West Nusa Tenggara, a souligné l’importance de ces efforts :

« West Nusa Tenggara est l’une des rares provinces d’Indonésie où toutes les villes et tous les districts ont adopté des réglementations sans fumée. Cependant, le manque d’application de la loi a conduit à une forte exposition à la fumée secondaire. En tant que responsables gouvernementaux, nous devons garantir que nos citoyens ont le droit de vivre dans un environnement sain, sans exposition à la fumée secondaire. Cette formation nous motive et améliore nos compétences pour mettre en œuvre efficacement des politiques sans fumée. »

Dr L. Hamzi Fikri, chef du bureau de santé de la province de West Nusa Tenggara

Selon l’Enquête indonésienne sur la santé de 2023 (SKI), les taux de tabagisme varient de 20,4 % à Kalimantan Sud à 31,3 % à Nusa Tenggara Ouest, en passant par 29,2 % à Lampung et 29,4 % à Banten, et 22,1 % à Kalimantan Est. Protéger les plus de 34 millions d’habitants de ces provinces contre les effets nocifs de la fumée secondaire nécessite une application rigoureuse et cohérente des réglementations anti-tabac.

L’OMS Indonésie prévoit d’étendre ce programme de formation à d’autres villes où le tabagisme est particulièrement répandu. Des visites de suivi régulières seront organisées pour évaluer les progrès, fournir un soutien technique continu et garantir la pérennité des actions entreprises.

Article rédigé par Ridhwan Fauzi, NPO Tobacco-Free Initiative, et Dina Kania, NPO Policy and Legislation, OMS Indonésie

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